Deux hommes politiques de droite se retrouvent pris (ou en passe de l'être) dans la nasse de la justice : Charles Pasqua et Dominique Galouzeau de Villepin. Les deux tentent de poursuivre leur défense sur le terrain politique, s'affirmant "victimes" de complot et de la haine de certains. Les deux en veulent à leur "petits camarades" qui les ont poursuivis en justice ou lachement abandonné dans le prétoire, comme un paratonnerre.

Mais il y a quand même un différence assez impressionnante dans la manière de faire.

Charles Pasqua est de la vieille école. Il a été pris sur une affaire finalement assez mineure (au regard de l'ensemble de sa carrière) où se mêlent services secrets, vente d'armes et financement des partis politiques. Ce qui est surprenant, c'est que Pasqua soit l'un des seuls responsables politiques à se retrouver dans le box, pour une affaire où effectivement, il ne devait pas être le seul à être mouillé. Jusqu'ici, il a joué le coup "à la loyale". On l'a mis dans la mouise en lui collant cette affaire. C'est de bonne guerre, il a fait la même chose à d'autres plus d'une fois. Il s'est donc défendu sans trop mettre en cause les copains et le système en général. Mais voilà qu'il se retrouve condamné à de la prison ferme. Là, il rigole moins. Il menace de sortir l'arme lourde et de tout déballer sur qui savait, et surtout sur qui ne peut pas prétendre ignorer. C'est vrai qu'un ministre de la Défense qui n'est pas au courant des ventes d'armes de la France, on se demande s'il est vraiment à sa place au ministère de la Défense. Charlie demande donc la levée du secret défense sur ces dossiers, et on va voir ce qu'on va voir... A la place de certains, je serais inquiet !

Dominique de Villepin, c'est autre chose. Il est tombé pour une opération barbouzarde lamentablement foirée (ce n'est pas à Pasqua que ça serait arrivé). Contrairement à Pasqua, il peut difficilement affirmer qu'il a fait ça dans le cadre de ses fonctions, et qu'il servait l'intérêt de la France. Autant la ligne de défense de Pasqua est crédible (certes, c'est un peu trouble, mais c'est pour le bien de la France) même si on peut ne pas l'approuver, autant celle de Dominique de Villepin ne tient pas la route une seule seconde. Il a juste essayer de faire trébucher son rival en se prêtant à une basse opération de diffamation. N'ayant pas grand chose, il se lance alors dans une fuite en avant politicienne, se présentant comme le principal opposant de Nicolas Sarkozy. Sauf que derrière, il n'y a rien que du vent et de la boursouflure d'ego. Même pas capable de réussir correctement son premier coup tordu et de s'en sortir indemne devant les tribunaux.

D'ici quelques mois, quand la vague médiatique sera retombée, Villepin retombera dans le néant, car actuellement, il ne vit que d'image médiatique. Le jour où les médias se lasseront de lui, il ne sera plus rien. Par contre, Pasqua, tant qu'il sera en vie, il faudra toujours compter avec lui.