Un vote ne tient parfois pas à grand chose. Un député qui se trompe et c'est bon. C'est ce qui est arrivé cet après midi, lors de la discussion de la loi de Finances, avec l'adoption, contre l'avis du gouvernement d'un amendement instituant une taxe de 10% sur les banques.

C'est un amendement qui n'était pas destiné à être adopté. Par sa rédaction succincte et son coté "grosse cavalerie", on voit qu'il s'agit d'un amendement politique, pour permettre au président de la commission des Finances de mettre le doigt là où ça fait mal, à savoir la situation des banques. Il avait été adopté en commission des finances après un débat faisant clairement apparaitre son caractère "pénitentiel". Les banques nous ont mis dans le pétrin à cause de leur conneries, et maintenant, alors que c'est la crise partout, elles retrouvent une santé insolente. Il va falloir qu'elles réparent ! Si elles ont les moyens de distribuer des bonus, c'est que ça va. Et ça tombe bien, l'Etat a grand besoin d'argent. C'est à la limite du hold-up, mais c'est pour la bonne cause et il ne risque pas de se trouver grand monde dans l'opinion pour prendre la défense des banques.

La ministre s'est montrée fort mécontente. C'est toujours vexant d'être battu, mais surtout, cet amendement socialiste vient en concurrence avec son propre hold-up sur l'argent des banques, qui apparaissent comme des proies bien appétissantes. EN effet, le gouvernement a sorti un petit amendement de derrière les fagots, juste au dernier moment, pour imposer aux banques de financer les frais engendrés par le supervision du secteur de la banque et de l'assurance. L'amendement 736 du gouvernement crée une taxe (pas provisoire celle-là) qui va rapporter quelques 100 millions par an.

Le vote a donc eu lieu en séance publique, et il fut gagné de justesse, 44 voix pour contre 40, contre l'avis du gouvernement. Cette défaite est d'autant plus rageante qu'un député UMP s'est trompé de bouton et a voté pour au lieu de voter contre. S'il y avait eu 42 voix de chaque coté, l'amendement n'aurait pas été adopté (en cas d'égalité, c'est rejeté). Pour le gouvernement, il était temps de lever la séance, car il se trouvait au bord de la mise en minorité. Par ce vote, on voit que la majorité dispose de 45 voix et l'opposition de 42. Il suffisait, comme pour ce vote, que quelques députés UMP manifestent leur mauvaise humeur, tout simplement en quittant l'hémicycle juste avant le vote, pour que tout bascule.

Rassurez vous bonnes gens, le gouvernement aura la peau de cet amendement socialiste indésirable. Nous aurons droit à une demande de deuxième délibération, à la fin de l'examen du budget, dans un hémicycle que le groupe UMP aura bien pris soin de remplir. Mais il n'empêche, ça fait tâche de se faire ainsi battre sur un amendement aussi symbolique.