Noël Mamère renonce à la tête de liste écologiste en Aquitaine et propose la candidature de Marie... Bové, fille de José. Agée de 34 ans, elle est salariée du groupe socialiste à la communauté urbaine de Bordeaux.

Serait-elle pressentie pour être chef de file des écolos si elle ne s'appelait pas Bové ? C'est juste une question, comme ça...

Bien entendu, on va me répondre en commentaire que ça n'excuse pas l'autre, et gnagnagna...

N'empêche, si problème de népotisme il y a en France, il est vachement bien partagé, y compris par ceux qui font profession de révolte sur d'autres sujets.

La France est le pays de la reproduction sociale. Ca fait plus joli que népotisme, c'est plus discret aussi parce qu'il y a des "concours" qui permettent de blanchir le recasage généralisé. Comment expliquez vous le nombre anormalement élevé d'énarques dont l'un des parents a également fait l'ENA ? Ce concours, censé être si difficile et sélectif demande une grande intelligence. Enfin en principe. Cela voudrait donc dire que l'intelligence est héréditaire... Dans les entreprises, c'est pareil, mais je dirais presque que là, c'est différent, car si le chef d'entreprise fait un mauvais choix de recrutement en voulant pratiquer le népotisme direct (ou le népotisme par échangisme), il en paie le prix, alors que dans la fonction publique, c'est le contribuable qui paie les pots cassés.

Et cela fonctionne à tous les niveaux. Qui n'a pas usé de ses relations, ou usé celle des autres pour trouver un stage, un job, une place en crèche, une place dans un bon lycée pour ses enfants ? Qui, parmi les personnes en situation de décider, n'a jamais rendu le moindre "service" en donnant la priorité à une personne "recommandée" ? C'est général !

Cette société française a un problème, celui d'un manque de confiance qui génère une fermeture. En France, pays très déchiré et très conflictuel depuis au moins deux siècles, on a du mal à faire confiance, à donner en se disant que lorsque son tour viendra, on recevra. Cette confiance existe dans certains pays, je pense par exemple aux scandinaves et dans une moindre mesure aux pays anglo-saxons. Les règles sont là pour empêcher quelqu'un d'abuser de la confiance qui lui est faite spontanément, afin justement que cette confiance reste et que le système continue à fonctionner vertueusement. On vous juge sur ce que vous êtes, sur ce que vous faites. On vous fait confiance, mais on vous demande aussi de faire vos preuves.

En France, c'est très différent. Comme on ne fait pas confiance, on demande des références, des personnes ou des institutions qui peuvent se porter garantes de vous. Au premier rang, vous avez votre famille et vos relations ainsi que l'institution scolaire à travers le diplôme. Poids du "piston" voire du "népotisme" et culte du parchemin scolaire, même après 20 ans, quand le contenu de ce que vous avez appris à l'école est périmé, voilà le mode de fonctionnement de la France.

Si problème il y a, c'est celui de la société française, qui à des élites et des présidents à son image. Je le dis dit toujours, on a les élus qu'on se donne ! Nous avons un hyperprésident, qui est hyper-à-l'image de la France. S'il avait été trop éloigné de nous, de ce que nous sommes réellement, nous ne l'aurions pas élu...