David Douillet a finalement été élu député des Yvelines, avec 52% des voix. Une marge assez confortable, eu égard aux circonstances. Une partielle n'est jamais facile à gérer pour le gouvernement en place (à Rambouillet, terre de droite, le candidat UMP a gagné de 5 voix), et en plus, il y avait cette fois-ci l'affaire "Jean Sarkozy". On pouvait penser que David Douillet pourrait se retrouver en très grande difficulté du fait de l'abstention d'électeurs UMP mécontents.

Il n'en a rien été. Cela amène à se poser quelques questions, et surtout, à relativiser pas mal de choses.

Il semblait y avoir une grande indignation de la population à propos de l'arrivée de Jean Sarkozy à la présidence de l'EPAD, polémique qui suivait de peu celle ayant visé Frédéric Mitterrand. Soit cette indignation n'était pas si partagée que ça, soit elle ne s'est pas traduite dans les urnes. Il y a sans doute des deux.

On a beaucoup entendu ceux qui étaient indignés. Normalement, c'est en général ceux qui sont contre qui s'expriment spontanément (comme pour les "votations citoyennes" par exemple). On entend qu'eux, le bruit public va dans le même sens ce qui donne une impression d'unanimité que renforce l'écho médiatique. Ceux qui sont pour ou qui s'en fichent complètement se taisent et font autre chose.

Le seul vrai résultat qui compte, c'est celui des urnes, quand tous s'expriment. Parfois, c'est dur pour certains militants de se rendre compte que finalement, ils sont minoritaires et que le silence de la masse ne valait pas approbation. Souvent, ces militants, surtout s'ils occupent une bonne place dans les médias n'en sont que plus hargneux. Voyez donc sur le sujet européen, la colère des ouiouistes après leur échec en 2005, la bile qu'ils ont pu déverser sur les nonistes, accusé plus ou moins explicitement d'être des cons qui n'ont rien compris.

La leçon que je tire de cette législative partielle est triple.

Ce qui compte en politique, c'est de garder son électorat. Essayer de conquérir les électeurs d'en face est une erreur. On perd les siens sans gagner les autres. Dans cette partielle, Douillet n'était pas un candidat d'ouverture, mais au contraire, un candidat "coeur d'électorat", un proche de Chirac qui avait tout pour plaire à l'électorat UMP classique. Le résultat montre que l'UMP garde son électorat et que Sarkozy a encore de bonnes chances pour 2012.

Deuxième leçon, finalement, les gens s'en foutent des polémiques sur les personnes et les symboles initiées par les médias. L'impact de tels épisodes médiatiques est finalement négligeable. Pour moi, cela montre que la déconnexion est toujours aussi grande entre la population et le monde médiatique, vivant en vase clos et chassant en meute.

Internet et son #jeansarkozypartout, c'est rigolo, mais cela n'a absolument aucun poids ni aucune influence. Arrêtons donc de nous remonter le bourrichon avec l'influence d'internet. C'est peanuts ! Nous sommes une petite bulle, de la même nature que les médias, fonctionnant de la même manière, sauf que ce ne sont pas forcément les mêmes qui la remplissent. Mais nous sommes aussi déconnectés. Alors cessons de nous prendre pour le pouls de l'opinion.