Frédéric Mitterrand est à nouveau au coeur d'une polémique. Il aurait été témoin de moralité pour des jeunes accusés puis condamnés pour viol. Cette nouvelle attaque est en fait du pain béni pour Mitterrand.

Elle est assez facile à démonter. Dans sa lettre, Frédéric Mitterrand est juste "témoin de moralité" de la famille (et donc des jeunes). Il atteste que c'est une famille honorable et dit la soutenir dans l'épreuve et être prêt à aider ces jeunes quand ils auront purgé leur peine. A aucun moment, Frédéric Mitterrand n'intervient pour demander une quelconque indulgence. Certes, c'est écrit sur le papier à en tête de la villa Médicis alors que c'est un courrier privé. Mais le fait que le courrier soit entièrement manuscrit montre bien que c'est le directeur qui est engagé, pas nécessairement l'institution. Frédéric Mitterrand justifie l'usage du papier à en tête par la volonté de crédibiliser ce courrier. Vraiment pas de quoi fouetter un chat.

Ce courrier révèle que Frédéric Mitterrand est une personne fidèle et généreuse. Son ancienne maquilleuse, qu'il n'a pas vu depuis des années est dans la panade parce que son fils, qui est le filleul de Mitterrand, a fait une grosse connerie. Combien se seraient défilés face à un tel appel à l'aide ? Il y a pleins de manière de botter en touche, d'envoyer un petit mot se terminant par "désolé mais je ne peux rien, bon courage pour la suite" et terminé, basta, on s'en lave les mains. Frédéric Mitterrand a répondu a cet appel, en donnant ce qui est à sa portée : un témoignage de soutien, mais surtout un engagement de s'occuper de ce jeune à sa sortie de prison. C'est admirable, car il n'y était absolument pas obligé. Qu'il se retrouve mis en difficulté pour un geste généreux, c'est quelque part un peu injuste.

Cette polémique, c'est surtout l'attaque de trop, celle qui fait se retourner le public en faveur de l'attaqué. Parce que c'est trop, ça fait vraiment acharnement et lynchage. Une bonne attaque doit s'arrêter rapidement. Si elle n'a pas tué tout de suite, elle peut avoir affaibli. Il ne faut alors pas s'acharner et attendre patiemment une autre occasion de porter un coup. Mais surtout pas enchainer les polémiques, surtout quand la dernière en date est peu solide. Si Frédéric Mitterrand arrive, comme au judo, à utiliser la force d'une attaque mal engagée en sa faveur, il peut regagner le capital de sympathie qui a été écorné par sa réaction l'affaire Polanski et peut même se créer une excellente image, celle d'une personne humaine, sensible, différente du reste de la classe politique. Il a un bon coup à jouer !