A la suite d'un fait divers dramatique, une nouvelle loi sur la récidive nous est promise. En fait, il y a juste besoin de ressortir un projet de loi sur la récidive qui a été adopté en novembre 2008, déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale et promptement oublié ! Ce projet de loi faisait suite à la censure partielle du conseil constitutionnel du précédent texte sur la récidive (la fameuse rétention de sureté). Un rapport avait été rendu préalablement par Vincent Lamanda, premier président de la cour de Cassation.

Si on voulait être méchant avec le président de la République (mais vous savez que cette pensée ne m'effleure jamais), on pourrait se demander si le dramatique fait divers à l'origine de ce nouvel emballement médiatico-législatif n'aurait pas pu être évité si ce texte, en attente depuis 11 mois, avait été voté rapidement. Si pour régler la question de la récidive, il suffit de voter de nouvelles lois, ne pas avoir adopté celle là est un acte quasi criminel de la part du gouvernement, qui a ainsi sur la conscience la mort de cette joggeuse...

Sans doute conscient de cette énorme erreur, le gouvernement a décidé de mettre les bouchées double et de bâcler l'examen de ce texte qui devrait être examiné en commission des lois avant la fin du mois d'octobre (oui je sais, on est le 6 octobre...) pour un passage en séance publique dans la deuxième quinzaine de novembre, entre le budget et le PLFSS. Tant pis pour projet de loi sur le crédit à la consommation, qui occupait ce créneau. La lutte contre le malendettement attendra. Il est vrai que ça touche tellement plus de français, mais ça ne fait pas les gros titres du 20 heures.