Un homme déjà condamné pour viol récidive et assassine une femme. Et voilà qu'aussi sec, certains politiques se jettent dessus comme des chiens affamés se jettent sur un morceau de viande. Le signal a été donné par le président de la République lui-même, incapable de résister à la tentation de rebondir sur un fait divers et de faire de la démagogie sécuritaire. Derrière, les seconds couteaux embrayent, dans une course indécente pour être celui qui sera le premier à complaire au maitre en formulant la proposition de loi qui permettra de faire croire aux français que les politiques traitent ce sujet.

Le premier à dégainer, cela ne vous étonnera pas, c'est Frédéric Lefebvre, qui nous sort l'idée de la castration chimique. Il faut saluer sa capacité à innover. Avec toutes les lois sécuritaires votées depuis 2002, on pouvait se demander s'ils arriveraient cette fois ci à trouver quelque chose qui n'ait pas encore été proposé et qui puisse donner l'illusion que ça pourrait être efficace. Et bien oui, ils ont trouvé ! Comme Frédéric Lefebvre n'est plus député, il est obligé de déléguer la partie technique, à savoir le dépôt de la proposition de loi. C'est Yves Nicollin, obscur député de la Loire qui a tiré le premier pour reprendre la balle au vol et monter dans le bon wagon médiatique. Dommage pour Eric Ciotti, qui a choisi le mauvais cheval avec sa proposition de débat national sur la durée réelle d'exécution des peines. Il y avait pourtant là un beau potentiel démagogique, le sujet avait été lancé par Hortefeux, mais pas de chance, c'est l'autre canasson qui semble le mieux placé pour gagner la course à la nouvelle loi sécuritaire. Il est vrai qu'on sort juste de la loi pénitentiaire, et que cela ferait tâche de proposer une modification sur les remises de peines alors même que le texte n'est pas encore définitivement adopté.

Je commence à en avoir très sérieusement marre de ces lois sécuritaires annoncées dans la foulée d'un fait divers tragique. On sait tous que le durcissement de la législation n'est pas la solution car derrière, elle n'est pas appliquée faute de moyens. La vraie solution, c'est de mettre enfin les moyens budgétaires suffisants pour assurer le fonctionnement des services de suivi de l'application des peines, de suivi des "récidivistes". Cela tombe bien, on arrive pile poil sur le budget. Ah si seulement au lieu de nous annoncer une ènième loi sécuritaire, Sarkozy nous annonçait une hausse du budget de la Justice. Mais c'est du rêve. En tout cas, je n'ai entendu personne proposer cela du coté de l'UMP.