Bayrou est dépassé par les verts dans les sondages aux européennes. Ce n'est pas parce qu'il est mauvais ou que les autres sont meilleurs. Non, ça, ce n'est pas possible. Les apparitions qui lui ont promis un grand destin ne peuvent pas se tromper. Il est un élu. Donc forcement, c'est autre chose. Donc, cela ne peut être qu'un complot, une tentative pour le déstabiliser par le biais de sondages truqués. La ficelle est grosse, mais on est en fin de campagne, il faut bien tenter de provoquer le sursaut comme on peut. A défaut de séduire par des propositions novatrices, on cherche à mobiliser son électorat naturel en se posant comme victime.

Les messages des derniers jours de campagne sont les plus importants, surtout quand la campagne a été aussi courte et atone que celle des européennes 2009. Déjà qu'il n'y a pas beaucoup d'occasions de faire passer des messages, il ne s'agit pas gacher les quelques fenêtres de tirs. Et de quoi parle Bayrou : de son parti, de ses ambitions nationales et derrière tout cela, de sa carrière personnelle. Où est le programme européen, où sont l'expression des valeurs. C'est très révélateur de ce qu'est le Modem : un parti au service des ambitions personnelles d'un homme.

Remarquez, il n'est pas le seul. Le PS aussi est dans le même trip : leur temps de parole médiatique a été consommé à montrer que Ségolène et Martine sont maintenant amies alors que depuis un an, elles se tirent dans les pattes. Eux aussi sont en mauvaise posture car leurs prises de paroles se résument à des chocs d'ambitions personnelles rivales. L'UMP, qui à réussi à ne rien dire, ni en bien, ni en mal, fera un score correct mais sans plus. Ceux qui s'en sortent, c'est ceux qui ont parlé contenu, même s'il n'était pas toujours européen : les verts, mais aussi le NPA et le front de gauche.

D'Europe, il n'en aura finalement pas tellement été question...