Le site députésgodillots a innové dans le contrôle citoyen. Présents dans les tribunes lors des débats sur la loi hadopi, les auteurs de ce site se sont amusés à noter, et surtout à publier, ce qu'ils voyaient, notamment les diverses petites occupations des députés pendant les séances publiques. Ils ont agrémenté leurs observations de commentaires sur le bilan depuis le début de la législature de chaque parlementaire épinglé.

Les parlementaires ne sont pas habitués à un tel traitement et un certain nombre ont grogné. Mais il y en a une qui a grogné plus fort que les autres. Sylvia Pinel est une député PRG qui s'est fait épingler, au milieu d'un paquet d'autres. Elle n'a pas apprécié et a fait envoyer une lettre par son avocat.

Elle attaque sur quatre points, tous aussi vides les uns que les autres : injure publique, diffamation, violation du droit à l'image et du respect de la vie privée. Commençons par le plus facile, violation du droit à l'image et respect de la vie privée. Rapporter des faits se déroulant dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, pendant une séance publique, c'est on ne peut plus public. Madame Pinel était dans l'exercice de ses fonctions publiques de députés, elle ne peut pas invoquer un quelconque droit à l'image. Pour ce qui est de l'injure ou de la diffamation, j'aimerais qu'elle me dise ce qu'elle considère comme injurieux ou diffamatoire dans le contenu de sa page sur ce site. Ce n'est pas forcement agréable pour elle, mais si tout ce qui est désagréable devient injurieux et diffamatoire, la liberté d'expression est morte.

Il s'agit donc là d'une intimidation pure et simple, à laquelle les auteurs du site n'ont pas cédé. Leur réponse à Madame Pinel a été : "allez-y, portez plainte, qu'on rigole un bon coup". Cette attitude est d'autant navrante que Sylvia Pinel est née en 1977, et qu'on pourrait présumer que sa jeunesse lui ferait appréhender la politique sur un autre mode que ses aînés. Ce n'est visiblement pas le cas, elle a la vision étriquée de ses aînés, sans leur prudence...