Finalement, la ministre de la Culture a bien été obligée d'avouer qu'un membre de son cabinet avait "fauté" en forwardant un mail transmis par Françoise de Panafieu. Le nom de Christophe Tardieu, directeur adjoint de cabinet, circule comme auteur de la boulette. Je parle de boulette, car à mon sens, il n'y avait pas d'intention mauvaise de la part de ce collaborateur. Juste une légèreté, qui mérite d'être blamée et sanctionnée, mais à la juste mesure de la faute. On ne sanctionne pas de la même manière un meurtre et un homicide par imprudence. Il est donc suspendu pour un mois. Certains trouveront que ce n'est pas assez. Certes, mais dans tout jugement, il faut voir et peser les intentions du fautif. La ministre a considéré qu'il n'y avait pas volonté de provoquer le licenciement. Donc acte, en sachant que selon toutes les probabilités, Christine Albanel ne passera pas le prochain remaniement, qui aura lieu juste après les élections européennes, c'est à dire dans un mois. Le collaborateur suspendu sera réintégré dans ces fonctions juste à temps pour faire ses cartons...

Un autre élément intéressant dans cette affaire, c'est le traitement qu'en fait la presse, notamment certains titres qui se prennent pour de grands donneurs de leçons, et qui là, assurent le service minimum. A tout seigneur tout honneur, l'Express : l'article, purement factuel, ne mentionne même pas le nom de Monsieur Tardieu. Il se contente de relater les faits, de citer l'attaque prévisible et éculée de la gauche sur la proximité entre TF1 et le pouvoir en place (alors que c'est n'est qu'une partie du problème). On ne mécontente pas le gouvernement, on cite le communiqué du PS, tout le monde et content et on passe à autre chose. Le Figaro est tout aussi "neutre", mais qu'attendre d'autre de ce titre ? La palme revient quand même au Point, qui après avoir annoncé l'info, l'a enlevé du site après le démenti de la ministre. Mais le travail ayant été mal fait, ça s'est vu.

C'est là qu'on voit comment presse "installée" et pouvoir politique sont cul et chemise. Pas un pour sauver l'autre, car si Libé a sorti le grand jeu sur cette affaire, c'est bien parce que cela pouvait gêner le gouvernement. Cela aurait gêné la gauche, vous n'en auriez jamais entendu parler, ou alors si, sur certains sites qui sont véritablement des sites d'information, car non vérolés par les conflits d'intérêt, animés par des journalistes faisant vraiment leur boulot. Certes, ils ne sont pas "neutres", mais leur prise de position est claire, explicitée et surtout, argumentée. Ils ne prétendent pas couvrir l'ensemble des aspects d'un dossier, mais ce qu'il couvrent, ils le font bien, infiniment mieux que toutes les émanations internet des grands titres de la presse française, qui passent leur temps à recopier des dépêches d'agence. Une preuve de plus que les sites généralistes ne sont le meilleur format pour la presse en ligne.