Les médias français voient l'actualité sous un prisme très français. Logique me direz vous. Oui, mais cela rend quasiment indétectable que ce n'est qu'un prisme culturel qui ne rend absolument pas compte de la réalité.

Cet article en est un exemple parfait. Il relate un moment où aucun journaliste n'était présent. Ce n'est que de la fuite et du témoignage de personnes présentes (donc de la seconde main). On y lit un président qui se livre à l'auto-congratulation et on sent dans le ton de l'article un certain sarcasme. Comment en aurait-il pu être autrement ?

Que notre président de la république ne soit pas une personne modeste, c'est un fait. Mais il n'est pas que cela. Et c'est le grand tort de ce type d'article que de se focaliser sur cet aspect, jusqu'à lui donner une importance démesurée. C'est une vision très française de ne voir que l'aspect individuel, en occultant tout ce que les décisions peuvent avoir de collectif. Un président de la république française, c'est un monarque absolu, il décide de tout, seul, et dans les moindres détails. D'où une hyper focalisation sur ce qui n'est en fait que la partie émergée de l'iceberg.

Pourtant, les décisions politiques, ce n'est pas un homme seul, c'est une chaine de décision. Les anglo saxons sont beaucoup conscient que nous de cela, et insistent moins sur le poids des individualités. Ils reprochent souvent aux français leur incapacité à travailler en groupe : brillants, mais individualistes. Certes, les facteurs personnels comptent, parfois beaucoup. Mais le plus souvent, le chef suprême ne fait qu'entériner ce qui a été décidé par d'autres, de bon gré ou de mauvais gré, en y ajoutant sa patte personnelle dans une proportion variable, le plus souvent nulle. La France fonctionne aussi comme cela. Sarkozy ne fait pas tout, ne décide pas de tout. Et heureusement.

Mais c'est l'image que les français attendent, car c'est celle qui correspond à leur culture, à leurs schémas mentaux. Logiquement, la presse leur donne ce qu'ils attendent. Comme d'habitude. Car le rôle des journalistes, c'est de conforter les opinions de leurs lecteurs, pas de leur ouvrir l'esprit et de leur montrer ce qu'ils n'ont pas forcement envie de voir.