Christine Albanel nous annonce qu'elle démissionnera si le texte hadopi n'est pas adopté en avril. La réalité est qu'elle sera virée lors du remaniement qui devrait se tenir en juin. Elle anticiperait son départ d'un petit mois, c'est tout.

Je trouve cette tentative de chantage assez pitoyable. Qui est visé : les parlementaires, sur le mode "votez mon texte ou je m'immole", les commanditaires de l'industrie culturelle qui pourraient passer un contrat sur sa tête si elle ne remplit les obligations qu'elle a contracté vis à vis d'eux, ou alors Nicolas Sarkozy sur le mode "tu vois, je met tout sur la table, à quitte ou double".

C'est le signe qu'on a là une ministre usée, qui en vient, quasiment toute suite, à sortir l'arme lourde, comme si elle n'avait pas d'autre argument. C'est vrai que lors des débats sur Hadopi, elle a montré que ses limites techniques et nerveuses étaient vite atteintes. Sans son conseiller, qui ne la quittait pas, elle aurait été comme un poisson hors de l'eau dans cet hémicycle.

De toute manière, quoi qu'il arrive, Christine Albanel partira, et elle ne sera sans doute pas la seule. Le couac a déjà eu lieu et tout ceux qui lorgnent sur sa place sont déjà en train de demander rendez vous à l'Elysée pour présenter leurs offres de service. Et Christine Albanel le sait. Quitte à partir, autant le faire de manière flamboyante, en se déchirant la tunique démissionnant plutôt que de se faire virer par SMS, une heure avant l'annonce de la composition du nouveau gouvernement.