Les récentes émeutes qui ont eu lieu à Strasbourg en marge du sommet de l'OTAN donnent lieu à une bien étrange polémique. Des gens de gauche et d'extrême gauche, à commencer par Olivier Besancenot, accusent les forces de police de ne pas avoir fait leur travail en ne sécurisant pas certains secteurs qui ont, bien évidemment subi de gros dégâts.

Ma première réaction a été de rire. Olivier Besancenot qui reproche à la police de ne pas avoir assez donné de la matraque et qui se pose en défenseur de la protection des biens et des personnes contre des émeutiers, il fallait le faire !

Mais d'autres ont embrayé sur la même position, ce qui me laisse à penser qu'il y a derrière tout cela une "polémique fabriquée", destinée à mettre le gouvernement dans l'embarras. Que l'on questionne le gouvernement, même sans ménagement, c'est normal, c'est le boulot de l'opposition. Mais qu'on le fasse de bonne foi. C'est là que je suis un peu plus heurté.

En matière de maintien de l'ordre face à des émeutiers violents, la police raisonne en terme de "moindre mal". Il existe une gradation des dommages, et on peut accepter un dommage, si cela permet d'éviter un dommage plus grand. Doit-on protéger à tout prix des biens matériels, même au prix d'affrontements très violents et donc avec un risque de blessés graves, voire de morts ? A Strasbourg, ceux qui étaient en face des policiers n'étaient pas des tendres. Loin de là. Les décisions doivent être prises rapidement, sans forcement que toutes les données soient nécessairement disponibles (c'est facile de refaire le match après le coup de sifflet final, dans son fauteuil). Il y a une part d'évaluation au feeling des risques, donc possibilité de se tromper. Une fois les décisions prises en matière de déploiement des forces de l'ordre, il n'est pas toujours facile de changer au pied levé. Et les émeutiers ont toujours un temps d'avance sur les policiers. Le maintien de l'ordre, c'est un vrai métier, pas facile en plus. La vraie question est donc : les responsables du dispositif policier ont-ils commis des erreurs graves d'appréciation au regard des éléments dont ils disposaient ? Ca seul une enquête administrative pourra le dire.

Imaginez un seul instant que les policiers français aient choisi la manière forte face aux anarchistes. Il y aurait eu des affrontements très violents, bien plus que ce à quoi nos gentils militants d'extrême gauche nous ont habitués. Ils braillent beaucoup, mais ne sont pas bien violents. Il y aurait eu des blessés graves, peut-être même des morts. Les dégâts matériels n'auraient peut-être pas été évités pour autant (un incendie est si vite parti). Vous auriez alors entendu Besancenot et sa clique entonner une autre musique, où les forces de l'ordre s'en seraient pris plein la gueule. Avec ces gens là, quoiqu'elle fasse, la police aura toujours tort.