Je viens de lire une excellente analyse d'Aliocha sur la "crise de la presse" qui est surtout la crise d'une gestion calamiteuse par une 'élite" incompétente et irresponsable. Je souscris pleinement à ce constat, et je pense qu'il est valable pour beaucoup de secteurs.

Ces responsables de la presse qui s'en sont mis plein les poches, financièrement et symboliquement, et qui partent maintenant en retraite (payée par nous) au moment où tout s'écroule, c'est vraiment l'image de cette génération "baby boomers". Ils ont géré ce pays pour eux, sans vraie vision, sans la moindre croyance en quelque chose. Quasiment une génération nihiliste, qui a habillé le vide de sa pensée, du moins au début, par des théories fumeuses (des trucs en isme), toutes plus inapplicables et délirantes les unes que les autres. Et puis dans les années 80, ils n'ont plus cherché à cacher cela, et l'ont même valorisé dans un culte indécent de la réussite économique. Que nous laissent-ils ? Un champ de ruine économique, un monceau de dette, mais surtout un vide intellectuel et moral abyssal !

Mais plutôt que passer notre temps à nous lamenter, il faut construire ce que sera notre société dans les 30 ans qui viennent, car nous arrivons au pouvoir, par la force des choses et de la biologie du vieillissement de nos aînés. Que voulons nous, pourquoi vivons nous ? Ces questions, nos aînés n'ont pas su y répondre car ils ont été les premiers à vivre dans une période réellement en paix, sans menace de guerre, sans famine, sans épidémie. Avant, la réponse était assez simple : survivre. Mais une fois que c'est acquis, que fait-on ?

Je dois vous avouer que ce n'est pas gagné ! Certes, nous avons des exemples de ce qu'il ne faut pas faire, des impasses dans lesquelles se sont fourvoyés nos aînés. Nous connaissons aussi la menace que représente le vide idéologique et moral, car la nature ayant horreur du vide, c'est l'idéologie "néolibérale" et consumériste qui s'installe, flattant l'égoïsme et l'orgeuil humains pour briser les solidarités et les obstacles à l'exploitation commerciale et à la maximisation du profit financier. On ne peut donc pas rester à rien faire, du moins quand "l'idéologie par défaut" ne nous apparait pas acceptable en totalité ou en partie.

C'est bien beau de baver sur nos aînés, mais serons nous capables de faire mieux ?