Le marseillais Mennucci vient de renoncer à sa candidature aux élections européennes. Les raisons officiellement avancées sont véritablement insultantes pour l'électeur, qui peut avoir le sentiment très fort d'être pris pour un con.

Il est maire du premier secteur de Marseille. Il estime "qu'en tant que maire du 1er secteur, pour le centre-ville de Marseille, l'ampleur de la tâche est immense". Même si sa majorité est très fragile et qu'il pratique largement la cogestion, la mairie de Marseille est dirigée par Jean-Claude Gaudin, élu UMP. Je sais qu'à Marseille, une sardine peut boucher le vieux port, mais quand même, qu'on m'explique l'immensité de la tâche d'un maire d'arrondissement d'opposition.

Il affirme "redouter l'éloignement que constitue une élection à Bruxelles". Il n'y avait pas pensé avant ? C'est un peu con de lancer sa candidature et de s'apercevoir après de ce que cela implique. En général, ce genre de décision est murement réfléchi. Du moins chez les élus sérieux.

Le patron du département, Jean-Noël Guérini en rajoute une couche : "l'élection comme parlementaire européen lui aurait aussi interdit, selon les règles statutaires du Parti Socialiste, d'être candidat à l'élection législative dans la circonscription du centre de Marseille en 2012". Elles datent de quand ces règles statutaires, car je connais plusieurs eurodéputés PS, Vincent Peillon, André Laignel, Marie-Lyne Reynaud, Jean-Claude Fruteau qui se sont présentés aux législatives en 2007. Sans que cela ne lui soit reproché le moins du monde. Et en 2012, si un eurodéputé est en mesure de faire basculer une circonscription, les "interdictions statutaires" ne pèseront pas bien lourd.

La réalité est beaucoup plus triviale : Il fallait faire la place à Vincent Peillon, autre protégé de Dame Ségolène. On a donc gentiment demandé à Monsieur Mennucci de se retirer, en lui promettant (promesse qui n'engage que celui qui la reçoit) l'investiture aux législatives en 2012 dans une circonscription tenue par la droite.