Un article de luc Rosensweig sur Causeur sur le déclin de la gauche. Rien à dire de plus, je suis totalement en phase avec son constat de la mort définitive de la "gauche" telle qu'on l'a connue au XXème siècle.

Quand des gens qui, il y a 20 ans, étaient sans conteste de gauche, commencent à dire qu'ils ne sont plus de gauche, c'est significatif d'une déliquescence avancée. Il y a 10 ans, ils ne votaient plus PS, mais se disaient encore de gauche. Ca marche comme pour les religions, on commence pratiquant, on passe à croyant de moins en moins pratiquant et on finit par se dire non-croyant, reniant ainsi toute affiliation à un groupe dont on a renié la doctrine depuis un certain temps.

La Gauche telle qu'on l'a connue au XXe siècle est morte. Ceux qui s'agitent encore en se proclamant de gauche ne sont que des fantômes (Badiou), des retardataires qui n'ont pas compris (le Parti socialiste) ou ceux qui espèrent encore profiter un peu d'une aura mystique (Besancenot). Le souci est qu'ayant encore suffisamment de puissance (essentiellement par la force d'inertie), les vieux reliquats vont encore peser un certains temps sur la recomposition des clivages politiques.

Je crois profondément que la politique n'est pas morte pour autant, que l'opposition droite-gauche perdurera, mais qu'elle se structurera selon d'autres paradigmes et d'autres clivages. Ce sera alors la mort définitive du marxisme et de nombre de théories qui ont fait la structuration politique du XXe siècle. Reste à savoir quels seront ces nouveaux paradigmes...