Rue89 met en lumière un problème au sein de la prestigieuse université de Paris IV-Sorbonne. Une jeune enseignante, nantie de tous les bouts de papiers nécessaires, déjà en poste dans la maison, va passer à un statut plus intéressant sur décision du ministère, qui a transformé son poste (pour ceux qui connaissent, elle passe de Prag à maitre de conférences, divisant par deux sa charge d'enseignement). Bronca au département d'histoire de Paris IV où on dénonce une intervention du pouvoir, la jeune femme en question étant la fille d'Alain Marleix.

Oui, il y a sans doute eu intervention pas très règlementaire de la part du ministère et probablement piston quelque part. Où, c'est autre chose, mais certainement pas dans les cénacles où se décident les carrières. C'est ce qui dérange les universitaires : des magouilles ont été commises, mais pas par ceux qui ont le droit de magouiller. Pour avoir été dans le milieu universitaire en histoire il y a quelques années, je peux vous dire que les recrutements ne sont jamais totalement ouverts et transparents, et vu le prestige de Paris IV sorbonne, c'est la magouille qui est plutôt la règle. Sur certains postes, on connait déjà le nom de celui qui va arriver avant même que le poste ne soit vacant. La plupart du temps, au regard de la fiche de poste, on sait pour qui le poste a été calibré. Cela marche comme cela dans toutes les universités. Mais tout cela se fait entre mandarins universitaires, qui veillent jalousement à cette prérogative et n'acceptent strictement aucun contrôle.

C'est la raison de la très forte grogne des universitaires contre les projets de décret de Valérie Pecresse. Elle ose bousculer les circuits de pouvoir, en faisant intervenir dans le processus de sélection des personnes extérieures au cénacle ! Dans une corporation habituée à ne rendre strictement aucun compte sur ce sujet, c'est inacceptable. L'avenir et la qualité de la recherche ne sont que des prétextes pour masquer la vraie raison de la grogne.