Le PS peut-il éclater ? C'est la question que tout le monde se pose. Personnellement, je n'y crois pas, simplement pour une histoire de gros sous.

Le financement des partis politiques est basé sur les résultats du premier tour des élections législatives et sur le rattachement des parlementaires. Cela donne 0,66 euros par voix obtenu par un candidat ayant coché la case "PS" sur sa fiche de déclaration de candidature. C'est acquis au PS jusqu'aux prochaines législatives. La deuxième partie est fonction de la déclaration que font, tous les ans, les députés et sénateurs. Ils viennent d'ailleurs de remplir la feuille pour cette année. Un parlementaire rapporte autour de 40 000 euros. Vous imaginez bien que les groupes parlementaires veillent soigneusement à ce que les fiches soient bien remplies...

Si une scission du PS devait avoir lieu, elle ne pourrait résulter que du départ d'un certain nombre de personnes, partis fonder un nouveau mouvement, comme notre bon ami Mélenchon, qui va fonctionner avec 80 000 euros par an. Je n'imagine pas une dissolution du PS, avec attribution à part égale du financement public. Celui qui part laisserait à l'autre l'ensemble de la première partie du financement, basée sur les voix obtenues au premier tour des législatives. Pour se financer, il ne resterait au partant que la deuxième partie, à condition que des parlementaires acceptent de se rattacher au nouveau parti et qu'elle se trouve un parti croupion, comme le Nouveau centre, pour avoir accès à ce financement.

Si une bataille de chiffonnières devait s'engager pour le contrôle de la structure juridique "Parti socialiste", vu la configuration interne, et notamment la composition du conseil national, c'est sans doute Martine Aubry qui l'emportera. Ne restera à Ségolène Royal que le départ. Elle a déjà une structure existante, désirs d'avenir, avec des fichiers, des militants (pas forcement tous PS), un vivier de recrutement assez large (le centre-gauche, les militants PS déçus de l'impuissance de leur parti...). Le gros souci, ce sera l'argent, pas tant pour faire fonctionner la structure jusqu'en 2011 que pour financer la campagne présidentielle de 2012. Je vous rappelle que les seules sources de financement d'un parti politique et d'une campagne présidentielle sont : les apports personnels du candidat, les dons de personnes physiques (à l'exclusion des personnes morales) et les apports d'un parti politique. Ce n'est pas mission impossible, mais c'est quand même chaud de se lancer dans une campagne présidentielle, dans l'idée de la gagner, sans trésor de guerre !

Rien que pour ça, l'intérêt de Ségolène Royal est de rester au sein du PS, en espérant que les choses changent d'ici la désignation de la ou du candidat du PS à la présidentielle. C'est seulement si elle est certaine de ne pas être désignée candidate (et donc de ne pas bénéficier du soutien financier du PS) qu'elle a intérêt à partir.