Depuis une génération, le Parti Socialiste a profondément changé, surtout au sommet. L’élite du parti se recrute dans cette couche de la population qui contrôle les flux : contrôle de l’information, dans sa conception comme dans sa diffusion, contrôle de la redistribution étatique, contrôle de l’éducation et de la construction des normes sociales. Il n’y a qu’une chose qu’ils ne contrôlent pas, c’est la propriété des richesses matérielles. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils exècrent tant ceux qui les possèdent, car ils sont des concurrents pour la quête du pouvoir.

Ces élites de gauche se veulent « ouvertes », citoyens du monde, et de fait, ils le sont. Ils se sentent bien plus proches de leurs semblables qui vivent à Londres, New York ou Hong-Kong (où leurs enfants vont faire leurs études) que de leurs voisins, ces « prolos » qui habitent à 200 mètres dans leur HLM. Un véritable fossé se creuse, il n’y a qu’à voir l’attitude d’une certaine élite qui se dit de gauche, mais qui paye l’ISF, va en voyage à l’Ile Maurice et habite dans les quartiers chics. La plupart des dirigeants du PS n’ont plus rien de « populaire » et ne défendent plus du tout les classes populaires. Le PS, quand il agit, ne fait plus du social mais du sociétal. Défendre une « minorité opprimée », c’est quand même plus valorisant ! Et pourtant, parce que se disant de gauche, elles continuent à se revendiquer "représentants des couches populaires". Une belle escroquerie, qui ne trompe personne, et surtout pas les couches populaires qui ont cessé depuis bien longtemps de voter PS.

Cette élite de gauche est facilement reconnaissable en ce qu’elle se prétend « à la marge », alors qu’elle est complètement au cœur du système, qui se veut « en révolte », libre et « épicurienne » alors qu’il est en fait totalement conforme au modèle que la société consumériste (le capitalisme) attend d’elle : consommant et incitant à consommer toujours plus.

Pour tenir sa position, elle a besoin de repoussoirs, quitte à les inventer ou à surgonfler les quelques restes de l’ancienne société d’ordre, qui en France a explosé après Mai 68. Ses publications sont d’ailleurs très fortes pour agiter les chiffons rouges et faire croire que « l’infame » et le fascisme sont de retour. Cela permet de prendre la posture très valorisante du résistant, bref, de continuer à croire qu’ils ne sont pas les maîtres à penser du pays et donc les responsables de la situation dans laquelle il se trouve.

Cette élite de gauche veut les avantages sans les responsabilités. Et on s’étonne après que le pays aille mal…