On commence à insinuer, chez Bertrand Delanoé (pas nécessairement lui personnellement), que s'il n'a pas fait un aussi bon score qu'espéré, c'est parce qu'il a été victime d'un rejet de la part des militants socialistes du fait de son homosexualité. C'est d'une stupidité sans fond, mais c'est malheureusement très révélateur du mode de pensée de certains milieux, qui préfèrent geindre que d'assumer la réalité.

C'est profondément stupide car cela insinue clairement que le militant PS, quelque part, est homophobe, pas prêt à voter pour un homosexuel. C'est profondément insultant, et je serais militant socialiste, je n'aimerais pas, mais alors pas du tout. Ou alors, il y a un problème grave au PS si la distance entre la posture affichée et la pensée réelle est si grande.

C'est profondément stupide, car c'est révélateur d'une fuite devant l'échec et la responsabilité de l'échec : si nous avons perdu, ce n'est pas parce que nous avons été mauvais, mais c'est parce que nous avons été victime de discrimination. C'est le même raisonnement que tiennent les minorités à la française (je pense notamment au CRAN, très visible sur le sujet en ce moment). Cela évite de poser la question qui fâche, celle de la compétence réelle. De toute manière, cette question finit toujours par revenir, car à un moment donné, l'incompétence finit par se voir. Rachida Dati est arrivée Garde des Sceaux uniquement par son statut de double minorité (femme et de couleur), mais pas par sa compétence (si quelque sait où est la compétence de Rachida, qu'il le signale, on la recherche activement place Vendôme). On voit le résultat !

Il y a plein d'autres choses qui peuvent expliquer le score médiocre (au regard des espérances) de Bertrand Delanoé. Mais si l'homosexualité était un obstacle pour se faire élire, comment se fait-il que Monsieur Delanoé soit devenu maire de Paris ?