Les résultats du vote des motions est un partage quasi égal des voix : Royal 29%, Delanoé et Aubry 25% chacun et Hamon 19%. Avec un tel résultat, les socialistes ne sont pas sortis de l'auberge, car aucune solution ne se dégage d'elle-même. Les militants n'ont pas tranché, ils ont même fait tout l'inverse. Cela risque de tourner à la boucherie ! Tous les ingrédients sont réunis pour que le congrès de Reims efface le souvenir du congrès de Rennes !

Premier ingrédient, la détestation personnelle que se vouent les leaders. Ce n'est pas de la rivalité, c'est de la haine. Le PS est arrivé à un point où les gens, au sommet, ne se parlent plus, même dans les couloirs. Alors qu'il faudrait un dialogue pour aboutir à une solution, on va avoir des chiens de faïence qui vont passer leur temps à se regarder en soupçonnant la traitrise dans chaque geste de l'autre. Ce congrès aura son lot de malentendus et d'erreurs commises par absence de dialogue loyal et franc.

Ajoutez y un deuxième ingrédient, à savoir la grande liberté que les leaders ne vont pas manquer de prendre avec le contenu (consternant) des motions. Au final, les militants vont se retrouver avec des dirigeants qui ne sont pas ceux qu'ils ont élus, appliquant un programme autre que celui sur lequel ils ont fait campagne. Où alors, c'est dramatique pour le niveau intellectuel du PS si le contenu des motions est réellement le vrai programme pour les futures élections...

Troisième ingrédient, les penchants "trotskistes" vont revenir au grand galop dans leur version "révolution de palais" et "magouilles de couloir". Il va falloir jouer "tactique" et pour beaucoup d'apparatchiks du PS, c'est un jeu délicieux. C'est d'ailleurs ce qu'il savent faire le mieux.

Nous voilà donc revenus exactement sous la IVème république. Ca tombe bien, le PS ressemble de plus en plus à l'ancienne SFIO de Guy Mollet. Pour 2012, vous repasserez, parce que vous ne serez pas prêts les amis socialistes...