La crise est à nos portes et pas seulement la version bancaire, assez abstraite pour le commun des mortels. En août, le nombre de chômeurs a bondi, tous les intérimaires en fin de contrat ayant été s'inscrire, alors que d'habitude, tous ne prennent pas la peine de faire la démarche. Quand on est à peu près sûr de retrouver quelque chose dans les deux semaines un mois, on ne va pas s'embêter à remplir toute cette paperasse et attendre la fin du délai de carence pour toucher quelque chose.

Les intérimaires savent parfaitement qu'ils sont la variable d'ajustement. En cas de difficulté, ils sont les premiers dehors. Par contre, quand ça va bien et que l'économie tourne à plein régime, l'intérim, ça paye. Il ne faudrait donc pas l'oublier.

Face à cela, le gouvernement en est réduit à faire de la communication : une réunion baptisé de crise, un appel à la "mobilisation des acteurs" et à ressortir les vieilles recettes d'emplois subventionnés sur argent public. Triste révélation qu'en matière économique, les gouvernements français sont totalement impuissants, qu'ils bénéficient ou subissent la conjoncture économique mondiale, comme un bateau qui suit le courant sans avoir la moindre influence sur sa force et sa direction.

C'est un fait, pourquoi donc ne pas l'avouer et l'assumer clairement ? C'est en plus parfaitement plaidable : Au niveau de la croissance, la France est un trop petit pays pour, à lui seul, être un moteur de croissance. C'est au niveau européen que l'on peut éventuellement peser. C'est d'ailleurs pour cela que nous avons renoncé à tous nos outils de politique économique en faveur de Bruxelles et de Francfort. On peut ajouter que les français ont fait des choix, liés à leur frilosité de rentiers pathologiques, qui ont pour effet de limiter la croissance.

Un gouvernement responsable mettrait les français face aux réalités, ne leur cacherait pas la vérité : en matière de croissance économique, donc d'emploi, le gouvernement ne peut quasiment rien sinon amortir les chocs sur argent public. On éviterait ainsi les pitoyables contorsions auxquelles on assiste actuellement. Cela dispenserait aussi les candidats à la présidentielle de se lancer dans des promesses dont ils savent la réalisation hors de leur portée !