Le nouvel os "agit-prop" des gauchistes est lancé : la taxe sur les produits financiers destinée à financer le RSA ne "toucherait pas les gros". Cette nouvelle taxe (j'attends quand même d'avoir le texte exact qui sera soumis aux parlement) serait incluse dans le bouclier fiscal. Avec ce dispositif, aucun particulier ne peut payer plus de 50% de son revenu en impôts directs.

Il n'en faut pas plus aux gauchistes de tout poil pour arriver à l'équation suivante : bénéficiaire du bouclier fiscal = super-riche. La réalité est un peu plus complexe...

Les impositions en question sont : l'impôt sur le revenu, les taxes locales, les prélèvements sociaux (CSG et RDS) et l'ISF. Le vrai sujet du bouclier fiscal, c'est l'ISF, car en additionnant l'impôt sur le revenu, les taxes locales et les prélèvements sociaux, il apparait difficile de se retrouver avec une imposition qui dépasse 50% du revenu. Les bénéficiaires du bouclier fiscal, redevable de l'ISF, ne sont pas tous des super-riches (même si on ne va pas les plaindre pour autant).

L'un des publics visé, celui qui est susceptible de toucher des sommes parfois astronomiques en remboursements de la part de l'Etat, ce sont les veuves. Au décès de leur époux, ces femmes héritent d'un patrimoine parfois conséquent (souvent dans l'immobilier d'ailleurs), avec pour seul revenu une pension de reversion. Eu égard aux revenus "modestes", la charge d'ISF peut vite atteindre les 50%, voire bien plus. Imaginez une veuve, qui n'a jamais travaillé et n'a donc que la reversion de la retraite de son mari, qui hérite de l'appartement parisien dans un beau quartier, acheté il y a 40 ou 50 ans, avec en plus une maison de campagne, et éventuellement un petit quelque chose au bord de la mer. Ajoutez y quelques actions et placements financiers, de l'assurance vie par exemple. Comme elle a du remplir une déclaration de succession, les biens immobiliers ont été évalués. Pour la maison de campagne, elle a pu sous-évaluer, mais pour l'appartement parisien, il a suffit de prendre le prix au mètre carré du quartier (publié tous les trois mois par les newsmagazines) et de faire la multiplication. Certes, cette dame n'est pas à la rue, mais ce n'est pas non plus une super-riche.

Autre public, les anciens dirigeants de PME. Tant qu'un chef d'entreprise exerce des fonctions au sein de la société, la valeur des parts sociales qu'il détient n'entrent pas dans l'assiette de l'ISF, car ils sont considérés comme bien professionnels. Du jour où ils prennent leur retraite ou quittent leurs fonctions, les parts entrent dans l'assiette de l'ISF et là, c'est le coup de matraque. La solution, c'est de vendre et de planquer l'argent à l'étranger. Mais il arrive que l'ancien dirigeant ne peut pas vendre, ou ne souhaite pas vendre. Imaginez le cas de Monsieur X, propriétaire de 33% des parts dans une société non cotée, qui y exerce les fonctions de PDG. Suite à des divergences avec les deux autres actionnaires, il se retrouve éjecté de son poste. Les 33% qu'il détient sont alors soumis à l'ISF, sans qu'il puisse forcement vendre, car la revente de parts de société non coté est souvent difficile (dans beaucoup de cas, il faut l'accord ou la non opposition des autres actionnaires). Monsieur X est au chômage, ses revenus chutent drastiquement et en plus, il doit payer l'ISF. Il bénéficie du bouclier fiscal, pour autant, est-il un super-riche ?

Les vrais super-riches, il s'en foutent de l'ISF et du bouclier fiscal. Ils ont d'excellents fiscalistes et cela fait bien longtemps que leur patrimoine est à l'abri dans des paradis fiscaux.