Heureusement qu'il y a encore des socialistes qui ne sont pas partis en vacances, sinon, qu'est ce qu'on s'ennuierait. Merci donc à Gaetan Gorce pour son intervention du jour, . Ce député, bon soldat de son parti, semble assez amer.

Il était jusqu'ici vice-président du groupe PS à l'Assemblée nationale. Il s'est fait débarqué et l'a appris dans la presse. Ca fait toujours plaisir, mais s'il n'y avait que cela, il n'en ferait pas toute une histoire. Non, ce qui le dérange, c'est qu'au PS, dès qu'on ose l'ouvrir, on se fait flinguer. Et quand un parti fonctionne comme cela, ce n'est pas bon.

Et il a raison ! même à l'UMP, on semble avoir davantage de liberté de parole. Regardez les villepinistes, genre Mariton, Goulard, Tron, Grand. Ca fait maintenant un an qu'ils chient dans les bottes de Sarkozy, qu'il exprime clairement leur attachement et leur amitié à Dominique de Villepin. Que leur est-il arrivé jusqu'ici, pas grand chose. Aucun n'a perdu ses responsabilités au parlement, Tron continue de s'occuper d'immobilier de l'Etat et a un rapport budgétaire, Hervé Mariton a également un rapport budgétaire, et a présidé deux missions d'information et est président du groupe d'amitié France-Russie. Sur la loi OGM, François Grosdidier s'est opposé fermement à ce texte. On seulement on ne lui a rien dit, mais en plus il ne lui est rien arrivé. Rien à voir avec le traitement subi par Jack Lang !

Gaetan Gorce s'inquiète d'une rigidification du PS : "l'incapacité de ceux qui détiennent dans ce Parti des responsabilités à se remettre en question et à accepter simplement le débat. Ce syndrôme de la "forteresse assiégée" comme l'on disait voila 30 ans du PCF, n'augure rien de bon. Lorsque les appareils n'ont plus à opposer leurs contradicteurs que la menace et la sanction c'est qu'ils sont devenus incapables de se réformer". La seule préoccupation des dirigeants du PS est d'en garder le contrôle, par des manoeuvres tactiques et des petits meurtres entre amis. Et c'est vrai que quand les médias parlent du PS, le plus souvent, c'est pour parler des querelles et rivalités de personnes !

Autant de constats très justes, mais qui une fois de plus iront se perdre dans les sables mouvants de la rue de Solférino. Gaetan Gorce se plaint, mais ne propose rien, pas la moindre esquisse de piste pour sortir le PS de l'impasse où il se trouve, et en faire une force de proposition. L'adoption à l'arraché de la réforme institutionnelle a visiblement sonné la direction socialiste, qui avait politiquement tout misé sur un rejet. L'étau se déserrant un peu, des voix dissidentes comme celle de Gaetan Gorce (qui n'était pas d'accord depuis le début mais se taisait) peuvent s'exprimer. Qu'il profite de la fenêtre de tir, car elle va bientôt se refermer. Il y a un congrès en vue !