Très intéressante interview de Guy Carcassone, dans le Monde. Il remet clairement un certain nombre de choses à leur place sur Sarkozy.

"Ce qu'on appelle l'hyperprésidence n'est qu'une hyperprésence médiatique. Pompidou avait infiniment plus de pouvoir que Sarkozy. Il ne devait pas composer avec la Commission européenne, les collectivités locales, les multinationales. Prenez l'exemple de l'usine Mittal de Gandrange : le président Pompidou aurait immédiatement décroché son téléphone pour demander au patron d'une entreprise publique de racheter ce site. Aujourd'hui, Sarkozy doit obtenir l'accord des maires pour imposer le service minimum dans les écoles."

Dans la foulée, une prise de position intelligente de députés socialistes (je sais c'est surprenant) qui dénoncent "une incapacité" du PS à s'abstraire d'une forme d'anti-Sarkozysme pavlovien qui le conduit à s'opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République". Le syndrome vigilant...

Ces quatre députés PS constatent que malgré les cartes qu'il avait en mains, le PS n'a été capable, ni d'empêcher cette réforme, ni de l'infléchir. Bref, il n'a servi à rien ! Depuis un an, c'est d'ailleurs comme cela, le PS ne sert à rien, n'apporte rien sinon du bruit, de la fureur et un renforcement de cette culture politique de la haine qui lui permet de masquer le vide de ses propositions et la vacuité de ses leaders.

Pourquoi le PS ne se lancerait-il pas dans une politique d'opposition constructive ? Rien que sur la réforme des institutions, en jouant le jeu dès la départ et en annonçant leur soutien, ils auraient pu faire sauter un certain nombre de verrous concernant le Sénat. C'était toujours ça de pris ! Attendons de voir leur attitude lors des discussions sur les lois organiques qui doivent maintenant être votées pour mettre en musique cette réforme constitutionnelle.