Les socialistes l'ont visiblement en travers de la gorge, cette adoption de la réforme constitutionnelle. C'est vrai qu'à deux voix près, c'est rageant. Au point d'en sortir un chapelet d'âneries, preuve qu'en matière de communication, on a beau matraquer, quand c'est trop gros, ça ne passe pas. Petit florilège :

François Hollande : «Le perdant, c'est Nicolas Sarkozy qui avait imaginé une réforme avec une large majorité et qui se trouve aujourd'hui avec une réforme adoptée à une voix en plus du résultat requis». Dis moi François, où retrouves-tu la citation de Sarkozy disant qu'il espère une large majorité. Cela devait être il y a belle lurette, car depuis quelques mois, on sait parfaitement que le résultat ne pouvait être que serré. Je sais que tu as envie de dire que c'est Sarkozy et pas toi qui a perdu, mais il faudrait trouver un peu mieux...

Jean-Marc Ayrault : "Résultat pathétique". Pour le PS très certainement !

Ségolène Royal : «Comme disait François Mitterrand, sur le chemin de la trahison, il n'y a que le fleuve de la honte à traverser». Avec tous les éléphants qui trainent au PS, il n'y aucune difficulté à trahir, toute honte bue. Même un fleuve, ils devraient y arriver. D'ailleurs, ils sont en train de pomper en vue du congrès de Reims !

Arnaud Montebourg : «Le combat ne fait que commencer. Nous prendrons à témoin les Français des risques d'abus qui s'installent dans le paysage politique de notre pays». Les risques d'abus ! Inquiètes toi donc des abus réels plutôt de t'occuper du virtuel. On dirait un blogueur vigilant...

Julien Dray : "le fait que la réforme soit votée à une voix près est «un signe». Signe que «nos critiques étaient fondées". La mouche du coche. Je rappelle au passage que l'adoption s'est faite à la majorité des trois cinquièmes, ce n'est pas rien quand même.

Dans tout ce concert socialiste, étrangement, pas un mot sur l'attitude du Parti radical de gauche, dont le rôle a pourtant été essentiel, et dont les députés sont "apparentés PS". Il n'y en a que pour Jack Lang, alors que son vote n'a pas été décisif. Langue de bois et évitement des sujets qui fâchent. Ils sont forts les leaders du PS !