Exister, voilà désormais la seule ambition de François Bayrou. tenir jusqu'à la prochaine échéance présidentielle. Pour cela, il est prêt à tout, y compris à tomber dans la démagogie facile consistant à taper sur Nicolas Sarkozy. On est certain d'être repris, même si l'accusation n'a aucun fondement. Cela permet d'exister à peu de frais, sans avoir à beaucoup travailler. Car visiblement, François Bayrou ne semble pas être un adepte du travail de fond. A part réagir sur l'actualité, il n'y a pas grand chose comme travail de fond ! Pourtant, François Bayrou dispose de quelques moyens pour produire du fond !

Il a d'abord un parti, le Modem, qui a quelqu'argent pour encore quatre ans. Même si on le lui dispute, c'est lui qui tient la caisse. Avec cela, il peut faire vivre une structure qui peut produire du fond, travailler, renouveler les idées. Il existe un vrai courant Démocrate-Chrétien, avec une orientation et une philosophie particulière. Contrairement au Nouveau Centre, qui est au coeur du vide sidéral de la pensée, il y a de la matière au Modem. Pourtant, j'attend toujours les résultats du travail en profondeur sur cette pensée. Du moins j'en attends quelque signes, tant il est vrai qu'une seule année, c'est un peu court. Je n'ai pour l'instant rien détecté dans le radar, mais c'est vrai que je suis l'activité du Modem d'assez loin et ce qui en ressort surtout, c'est la vie et l'oeuvre de François Bayrou, ses refus plus que ses propositions. Peut-être que des commentateurs modem pourront m'orienter vers les lieux où s'élabore la mue intellectuelle de la Démocratie-Chrétienne française...

Ensuite, François Bayrou est député, aidé d'un acolyte (le deuxième s'étant rapproché de la soupière). Je sais qu'on ne va pas loin sans le soutien d'un groupe parlementaire, que n'être que deux n'offre pas beaucoup d'espace politique dans une assemblée. Mais quand même...

Le bilan, au bout d'un an, du député non cumulard (contre son gré) François Bayrou est maigre. Il n'a réellement travaillé que sur la réforme constitutionnelle. Pour le reste, on trouve une participation à la discussion générale du projet de loi de réforme des universités (il s'est sans doute rappelé qu'il a été ministre de l'Education nationale) et un torpillage de la pitoyable tentative des députés Nouveau Centre pour traficoter la loi sur le financement des partis politiques. Pour le reste, rien ! Son compère Jean Lassale a un bilan encore plus pâlichon. Quatre intervention en séance publique, indiquant juste un papillonnage sur quatre sujet, mais aucun engagement réel dans un texte comme son collègue Bayrou sur les institutions.

Si vous voulez savoir ce que j'appelle un bon bilan pour un député d'opposition, allez donc voir ici ou ou encore là. Voilà des députés qui bossent, réellement, qui ont des choses à dire, des idées à défendre. Je ne demande à Messieurs Bayrou et Lassalle d'atteindre ces sommets, mais quand même, quand on représente un courant spécifique de la pensée politique française, on devrait avoir des choses à dire. Faire des propositions de loi, ce n'est pas bien compliqué, il suffit de faire bosser ses collaborateurs. Entre ses assistants parlementaires et les équipes de réflexion qu'il peut mettre en place au sein du Modem, il devrait arriver à produire. Et bien non, voilà le nombre de propositions de loi déposées par François Bayrou depuis un an.

Et c'est sans doute là le problème, avoir des choses à dire sur le fond, avoir des propositions constructives et originales à mettre en avant.