Que ce soit Laurent Fabius ou Nicolas Sarkozy qui lance l'idée de transformer la Caisse des dépôts et consignations en fond souverain, je trouve le projet tout aussi démagogique et irréaliste.

Pour faire le fond souverain, investir non seulement en défense pour protéger les champions nationaux des OPA, mais aussi en offensfi, dans les secteurs clés, il faut de l'argent. Certes, la Caisse des dépôts et consignations n'est pas pauvre, mais elle le serait moins si l'état ne lui prenait pas tous les ans le tiers de son résultat ! Elle serait aussi plus riche si elle ne devait pas jouer le rôle d'arrosoir à subventions pour les projets locaux (être sous la protection du Parlement n'a pas que des avantages).

Je veux bien que notre président nous fasse l'annonce "je veux que la Caisse des dépôts deviennent une fond souverain France", mais que dans la foulée, il nous donne les mesures concrètes qu'il entend mettre en oeuvre cette volonté, et qu'il commence par dire où il va trouver l'argent. Car si cette mission doit se faire "à fonds constants", par voie de rééquilibrages internes, qu'il m'explique les missions qu'il va falloir sabrer : le logement social ? Les aides au développement régional ? Pour l'instant, plutôt que de renforcer les fonds de la caisse des dépôts, il les affaiblit en banalisant le livret A.

Justement, les sénateurs discutaient de ce sujet pas plus tard que ce matin, avant d'aborder la réforme de la gouvernance de la Caisse des dépôts et consignations. Hasard de calendrier, qui illustre bien ce qui me fait le plus pleurer en ce moment, à savoir ces annonces gouvernementales sur un thème qui vient juste d'être discuté par le Parlement, annonçant ainsi aux parlementaires qu'ils vont devoir remettre le couvert. Cela me fait penser aux piétons, qui au lieu de traverser ensemble, en bloc, passent un par un, sans se poser la question de la gêne que leur comportement peut provoquer pour les autres usagers !