S'il y a bien une attitude qui m'agace chez les responsables gouvernementaux, c'est de se sentir obligé d'annoncer. Cette fois ci, c'est François Fillon qui s'y colle, à propos du tragique accident qui vient d'avoir lieu en Haute-Savoie.

Qu'il ait des mots de compassion pour les victimes, leurs familles et leurs proches, c'est normal. Mais il devrait en rester là, et ne surtout pas se sentir obligé de faire une annonce du genre "nous allons accélérer la suppression des passages à niveau". Cela donne d'abord la très désagréable impression que les politiques n'agissent qu'après les drames, et même qu'il faut un drame pour qu'ils agissent. Cette réponse est en plus inadaptée, car si le passage à niveau fonctionne correctement et qu'il y a des accidents, c'est très souvent de la faute du conducteur de la voiture (ici du car). Là où il faut agir, c'est sur les comportements des conducteurs. Le passage à niveau, il n'y est pour rien ! Et supprimer des passages à niveau, ça coute cher. Parfois, c'est possible, mais parfois, en zone de montagne notamment, c'est difficile, ou alors très couteux. Cela en vaut-il la peine ?

J'interprète cette attitude des politiques comme un manque de confiance en eux. Cette peur d'être accusé, d'être déclaré responsable d'un drame pour lequel ils ne peuvent rien. Les élus (qu'ils soient municipaux ou nationaux) ne sont pas responsable de la connerie de leurs administrés, qui se mettent d'eux même dans le pétrin en allant se promener sur des falaises un jour de grand vent, ou essayant de passer vite fait avant la fermeture des barrières du passage à niveau.

C'est aussi aux citoyens de se prendre en mains et d'assumer leurs responsabilités, sans se reporter à chaque fois sur les élus, qui "auraient du agir pour prévenir le drame".