Via Fanette, qui reprend sans recul ni réflexion, ce monument de corporatisme de la part de fonctionnaires de la Culture.

Le palais de la découverte, situé dans la partie arrière du grand palais, serait menacé. Vite, mobilisons nous pour le sauver, car sa disparition serait une atteinte grave contre la pensée, la connaissance et la Culture. Rien que ça ! Quelles sont les menaces ? Rien, silence radio de la part des pétitionnaires : rumeur de fermeture, bruits de couloir sur des négociations entre le ministère de la Culture et celui de la Recherche. Pour ceux qui veulent des éléments précis, passez votre chemin, soit il n'y en a pas, soit plus surement, ils ne sont pas avouables... Ce qu'il s'agit surtout de sauver, c'est la situation des employés de ce palais de la découverte. C'est bassement terre-à-terre et pas franchement mobilisateur, alors habillons cela d'oripeaux plus à même de désespérer Billancourt Saint Germain des prés.

Ce palais de la découverte est installé dans des locaux anciens (le Grand Palais), pas forcement adaptés à son activité, sans possibilités d'extensions et qui demandent de gros travaux. Des raisons de sécurités, qui ne peuvent plus être différées, posent la question du maintien de ce musée dans ses locaux actuels. Cette question est posée de manière encore plus crue par certains, porteurs de projets qui nécessitent le départ définitif du palais de la découverte. Un établissement public s'est créé pour gérer le Grand Palais, qui veut en faire un ensemble unifié, dédié aux grandes expositions artistiques (peinture, sculpture monumentale). Ce n'est pas une mauvaise idée car c'est encore ce qui est le plus adapté à ce lieu, et si on veut lui donner une véritable dimension internationale (c'est l'ambition), il faut une maitrise de l'ensemble des locaux et une politique de communication pour le Grand Palais exclusivement centrée sur cet aspect lieu d'exposition artistique.

L'institution administrative "palais de la découverte" est un nid de dysfonctionnements, pointés dans un rapport sénatorial de Philippe Adnot en 2007. Certaines expositions permanentes datent de l'ouverture de musée, en ... 1937 (c'est le cas de la salle dédiée à l'optique) et 80% des expos ont plus de 20 ans. Il y a un sérieux problème de nouvellement ! En matière de gestion administrative, c'est un mic-mac impressionnant. On ne sait pas vraiment qui dirige réellement l'établissement, les deux ministères de tutelle (Recherche et Culture) semblent s'en foutre complètement. Enfin, et c'est là que l'on comprend mieux la raison de la pétition, la gestion des ressources humaines y est "compliquée" selon le sénateur Adnot : un personnel davantage orienté vers le recherche et largement dénué de compétences "commerciales et évènementielles", un cadre "statutaire" et rigide, une absence quasi totale d'évaluation. J'aime beaucoup cette formule du sénateur Adnot qui résume bien la situation : "La culture de l’évaluation de la performance représente un chantier important dans un établissement peu habitué aux approches dynamiques et analytiques". Bref, des chercheurs (sans doute très compétents techniquement) qui vivent tranquilles, en faisant ce qui leur plait (de la recherche, surtout pas de la gestion), sans contrôle, sans obligation de résultat. Le paradis du fonctionnaire ! sauf que c'est avec de l'argent public...

Enfin, dernier souci du palais de la découverte, son positionnement par rapport à la cité des sciences de la Vilette. Même créneau (les sciences et techniques), même public visé (les scolaires et les jeunes). A-t-on besoin de deux équipements à Paris ? La question se pose sérieusement et à moins d'être totalement irresponsables, les employés du Palais de la Découverte ne peuvent pas l'éluder !

Je suis heureux de voir que les rapports parlementaires, quand ils lèvent de tels lièvres, sont suivis d'effets. Par contre, je suis moins heureux de voir que certains fonctionnaires ont toujours les mêmes réflexes, en faisant passer la préservation de leur petite rente statutaire pour de la défense du service public.