Excellent constat de Radical Chic : on reproche aux députés d'être des lâches, de ne pas s'opposer frontalement mais seulement par le bande, de s'investir sur des détails. Mais ont-ils le choix ? Pas franchement, car le système est organisé de telle manière qu'ils soient dans le rôle des bons petits soldats, que ce soit à droite ou gauche, dans la majorité ou l'opposition. Imaginez un député socialiste qui voterait, sur un texte particulier, avec l'UMP alors que son groupe est contre. Il se ferait mal voir, autant qu'un député UMP votant contre un texte du gouvernement.

Peut-on leur demander d'être des électrons libres, totalement incontrôlables, avec lesquels il faut sans cesse négocier. Pour le gouvernement, c'est épuisant. Sans compter tous les trublions qui cherchent à se faire leur pub personnelle en se singularisant par des positions outrées, plus ou moins sincères, qui attireront à coup sûr les micros et les caméras (façon Grosdidier sur les OGM). Il faut un minimum de discipline parlementaire.

La décision politique est collégiale, même si certains s'acharnent à faire croire qu'ils décident de tout sur tout. Il faut donc revoir les équilibres internes pour redonner une meilleure place aux parlementaires, pour qu'ils aient plus de poids. Cela passe plus par des petites modifications techniques que par de grandes envolées lyriques ou des décisions spectaculaires (comme supprimer le 49.3). La réforme des institutions a pour but de renforcer le pouvoir du parlement, les processus techniques jouant beaucoup sur les manières d'agir. On sait que le gouvernement ne pourra pas s'empêcher d'utiliser à son profit les instruments dont il dispose, rognons donc les instruments.

Cet incident OGM, juste avant la réforme des institutions est peut-être finalement une bénédiction, car les parlementaires vont avoir une vraie liberté pour produire une réforme à leur mesure, du moins, un peu plus profonde et réelle que ce que le gouvernement aurait souhaité.