Eh, oui, la toile n'est pas une zone de non-droit. Théoriquement, on le sait, mais le passage aux travaux pratiques et toujours délicat, car savoir que le feu brule est une chose et le découvrir concrètement en y mettant la main en est une autre. La deuxième phase de l'apprentissage est souvent indispensable à une bonne apprhéension de la réalité. La mésaventure qui arrive à Eric Dupin (et qui aurait pu arriver à n'importe qui d'autre) est sans doute une étape importante, car le buzz autour de cette affaire aura fait prendre conscience à beaucoup qu'on ne peut pas faire n'importe quoi, et que ça peut coûter cher. Ce n'est pourtant pas bien difficile d'être en règle.

Sur les faits de l'espèce, le blog Dalloz apporte un éclairage simple, mais clair. Fuzz, ce n'est pas de l'hébergement technique. C'est de l'édition, puisqu'il y a sélection des contenus et mise en valeur de certains éléments en fonction des choix d'une personne appelée éditeur et qui se trouve être Eric Dupin (Edit : j'en suis moins sûr depuis qu'on m'a expliqué ce qu'est le digg-like). Que le contenu ne soit pas directement produit par le patron de fuzz n'a strictement aucune incidence. La loi est claire, l'éditeur est responsable. La prochaine fois, Eric Dupin sera plus prudent dans la sélection des liens qu'il proposera, et apprend au passage que lorsqu'on récupère les contenus des autres, c'est pour le meilleur (faire du fric et du trafic chez soi) et pour le pire (la responsabilité pénale). C'est trop facile d'avoir les avantages sans les inconvénients. En l'état actuel de ma connaissance de l'affaire, la condamnation est justifiée.

Cela m'amuserait vraiment beaucoup (et ce serait bien fait pour leur gueule) si le buzz de soutien-copinage d'un certain nombre de moutons de la toile avait décidé le juge à saisir cette occasion pour donner une leçon générale.