Le Parti socialiste entre en campagne pour désigner le successeur de François Hollande. C'est franchement pitoyable, chaque prétendant à un bout de pouvoir commence à avancer un pas pour tater le terrain, à racoler des acolytes, à passer des alliances (pour certaines contre-nature). Pour l'instant, pas l'ombre d'une idée, pas un trace de réflexion de fond, à part dans les incantations rituelles (un bel exemple) de tous ceux qui espèrent compter dans la décision. En attendant, il faut préserver l'unité de façade, d'où le flots d'hypocrisie qui se déversent dans les médias, et accentuent le malaise, car les leaders dissimulent mal que les couteaux sont déjà sortis. Pour un congrès qui se déroule en novembre, s'(ils commencent dès le mois de mars à se déchiqueter à belles dents, ça serait grave. Non, c'est trop tôt, mais ne vous en faites pas, ça viendra...

Le PS s'enfonçe encore davantage, perdant encore, si cela est possible, sa crédibilité comme parti de gouvernement. A ce jour, quel candidat possible pour l'élection présidentielle de 2012 ? Ségolène Royal ? Bertrand Delanoé ? Ce n'est pas avec ça que l'on va enthousiasmer les foules, et encore moins la France profonde. Et surtout, quelles idées, quelles lignes de force. C'est le désert, le vide sidéral. Au PS, tout est dans la tactique, pour accéder aux postes (et aux avantages annexes). Ca marche très bien au niveau des collectivités territoriales, où la conception d'un programme municipal ne demande pas une réflexion philosophique intense, où il faut surtout être un bon manoeuvrier, habile à éviter les peaux de bananes. Pour ça, le PS offre un entrainement inégalable, et dès le plus jeune âge. Vous avez réussi à émerger au MJS, un avenir électoral radieux s'ouvre devant vous (même s'il peut y avoir quelques ratés au début).

Tout cela est très dommageable pour la démocratie. Pour progresser, évoluer, il faut un aiguillon, il faut "réagir" à ce qui se fait en face. Le risque pour l'UMP, c'est de s'arrêter de réfléchir, de travailler sur le fond, les idées, en se disant qu'on a bien assez de réserves et de regarder avec goguenardise les ébats sanglants du camp d'en face, en surveillant un peu histoire de ne pas se faire piquer le fauteuil par surprise, comme en 1997. Voilà comment on s'encroute sur le plan des idées. Et un beau jour, le camp d'en face se réveille, sort des choses nouvelles, en phase avec les attentes de la société, des choses que l'on a pas vu venir, et face auxquelles on est désarmé. C'est ce que vit le PS, mais comme la roue tourne, je crains que dans quelques années, ce soit l'UMP qui se retrouve à sec d'idées et de propositions. La France ayant déjà un retard structurel en terme de réflexion de fond par rapport aux anglo-saxons, pas la peine d'en rajouter.