L'association pour le droit de mourir dans la dignité commence à obtenir ce qu'elle demande, à force de balader sa pauvre femme défigurée devant les caméras. L'émotion, y a que ça de vrai ! Et pour cela, rien de mieux que du visuel choc, de bonnes images ! Les parlementaires socialistes et le gouvernement s'agitent à qui mieux mieux pour savoir qui récupèrera le bénéfice médiatique d'avoir "agi".

Je dois reconnaitre que le gouvernement est un cran au dessus des parlementaires PS. En effet, Matignon se souvient qu'une loi sur les malades en fin de vie a été votée au cours de la dernière législature, en 2005. Elle confie donc à Jean Léonetti, qui était à l'initiative de ce texte, une mission sur son application, pour commencer par voir ce que l'on peut améliorer avant de se mettre à revoter une loi sur le même sujet, trois ans après. Ah si cette démarche louable pouvait avoir lieu à chaque fois !!!

Les députés socialistes sont davantage dans le vieux travers du "ça ne va pas, votons une loi et le problème sera réglé". Ils oublient que la loi Léonetti de 2005 a été votée à l'unanimité (donc par les socialistes aussi) et qu'à l'époque, tous avaient salué la très haute qualité des débats (que je vous invite à relire) et l'excellent équilibre de la solution inscrite dans la loi. Comment expliquer, seulement trois ans après, que finalement, la loi n'était pas bonne, qu'il faut en faire une autre. J'attends en particulier l'avis de Madame Bousquet, députée socialiste des Côtes d'Armor, qui s'étaient beaucoup investie sur la loi de 2005.

Sur ce sujet, il faut que els parlementaires sachent résister aux pressions médiatiquement bien organisées. Chantal Sébire, c'est une très belle opération de lobbying, parfaitement orchestrée par l'ADMD, qui, comme par hasard, vient de lancer une grande campagne auprès de ses adhérents, pour qu'ils envoient tous à leur député un petit carton pré-rempli, façon "contribuables associés". On légifère pas sous le coup de la pression de l'émotion provoquée par des images choc au JT.