Le remaniement a eu lieu. Dans l'ordre du décret, quelques commentaires.

Jean Louis Borloo change un peu d'intitulé, avec l'énergie explicitement inscrite et l'aménagement qui cesse d'être durable. Purement cosmétique, sans changements sur le fond.

Christine Lagarde perd les Finances, pour avoir l'industrie, qu'elle avait déjà de tout manière. On le précise uniquement parce qu'il y a un secrétaire d'Etat à l'Industrie. Là par contre, ce n'est pas seulement cosmétique, puisque de fait, tout l'aspect "Finance" part, et devinez où : chez Woerth sans aucun doute. Réduction de périmètre donc.

Brice passe du codéveloppement au développement solidaire. Essentiel me direz-vous. Pour les sans-papiers, je vous rassure, cela ne changera rien...

Xavier Bertrand se voit rajouter la Famille à son titre. C'est juste pour lui donner la tutelle de ce secrétariat d'Etat. Pas un cadeau quand on voit qui y est mis.

Roselyne Bachelot se voit ajouter la vie associative. Encore une précision purement sémantique parce que Bernard Laporte a eu "vie associative" dans son package. Ce qui oblige à changer tout le papier à lettre. Encore du pognon foutu en l'air.

Laurent Wauquiez, bébé requin, se voit chargé de l'emploi auprès de Christine Lagarde. Pour ceux qui croient aux signes, en 1967, un jeune énarque aux dents longues appelé Jacques Chirac était nommé à ce poste, son premier maroquin ministériel. Promotion donc, qui permettra à ce jeune ambitieux d'avoir un peu plus à faire que de porter une parole inexistante.

Luc Chatel, le vrai promu du lot. Il lache le tourisme pour récupérer l'industrie, tout en gardant la consommation. Et en prime, il devient porte-parole du gouvernement, avec participation à tous les conseils des ministres, alors que normalement, les secrétaires d'Etat n'assistent au conseil des Ministres que lorsqu'un dossier les concernant y est évoqué.

Eric Besson, récupère en plus de ses anciennes attributions le fameux "développement de l'économie numérique". A croire que personne n'en voulait. Encore un truc qui va tomber à l'eau, vu le poids politiquement insignifiant de Besson.

Jean-Marie Bockel est relégué aux Anciens Combattants. Pas de bol, juste après la mort du dernier poilu. A part gérer les cérémonies, remettre des décorations et supporter les revendications criardes (et gourmandes financièrement) des anciens d'AFN, il n'y a rien à faire à ce poste. La prochaine fois, c'est dehors.

Hervé Novelli voit son panel s'étoffer un peu avec les PME et les services, mais c'est du trompe l'oeil, puisqu'avant, il était secrétaire d'Etat aux entreprises. Il récupère juste le tourisme et perd le commerce extérieur. Jeu à somme nulle, il pourra quand même continuer à voyager.

Bernard Laporte prend finalement l'ensemble des attributions qui lui avaient été promises en mai 2007, et que l'on avait rogné en octobre. Le classement sans suite de la plainte le concernant est vraiment bien tombée. Il est maintenant secrétaire d'Etat aux sports, à la jeunesse et à la vie associative.

Alain Marleix, dont on se demande (lui le premier sans doute) ce qu'il foutait aux anciens combattants, trouve un poste à sa mesure : secrétaire d'Etat à l'Intérieur et aux collectivités territoriales. Vu que c'est lui qui aurait fait, de toute manière, le redécoupage électoral, autant lui donner le titre.

Christian Blanc, chargé du grand Paris. On appelle officiellement cela "développement de la région capitale". Votre mission, si vous l'acceptez, est de fusionner Paris et les départements de la petite couronne. Un beau pataquès, surtout à gauche. Bartelone et Delanoé ont beau être socialistes, sur ce coup là, il ne vont pas être copains, mais alors pas du tout. Ne parlons pas de Devedjian, qui doit se demander si finalement, président du Conseil général des Hauts de Seine, c'était un si bon plan.

Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire. Il faut qu'on m'explique. qu'est ce qu'Hubert Falco apporte ?

Anne-Marie Idrac se retrouve au Commerce extérieur. Virée de la SNCF, il fallait bien lui trouver quelque chose. Là encore, qu'est ce qu'elle apporte, vu qu'elle a fait toute sa carrière dans les transports.

Yves Jégo remplace Estrosi à l'Outre-Mer, avec lui aussi le droit d'assister à tous les conseils des ministres. C'est toute la différence entre soldat de première classe et soldat de seconde classe. Je trouvais étrange que ce fidèle d'entre les fidèles n'ait rien eu en mai dernier.

Le charismatique Alain Joyandet (qui connait Monsieur Joyandet ?) remplace Bockel à la coopération et à la francophonie. Il y fera sans doute autant de bruit que son prédécesseur, c'est à dire pas grand chose.

Et le pire pour la fin, Nadine Morano est secrétaire d'Etat. On aura tout vu ! Et à la Famille en plus. La claque n'a pas du être assez forte. Les mots me manquent pour décrire ce que je ressent. Ainsi, on peut être vulgaire comme une marchande de poisson, ne faire de bon (quekl est son bilan de députée), se planter magistralement aux municipales et être quand même au gouvernement. Pauvre portefeuille de la Famille...

A noter que l'ouverture, c'est fini. Le plus loin qu'on soit allé, c'est Christian Blanc, Nouveau Centre, ancien rocardien (mais il y a très longtemps...) et Anne-Marie Idrac, centriste bon teint. Les Allègre, Mercier et autres Lang sont restés à la porte. C'est un signe, on ouvre quand on a de la marge, on referme quand on est un peu à l'étroit.

Pas bien folichon, ce remaniement. Cela valait-il la peine d'en faire un d'ailleurs. Pour un nouveau souffle de l'action gouvernemental, il va falloir aller chercher ailleurs.