Les vieux travers sont encore bien vivants. Un ministre qui n'a pas une loi ou un truc à son nom estime avoir raté quelque chose. Il faut rester dans l'histoire. C'est ridicule, mais ça marche comme cela.

Fadela Amara aura donc son plan. Qu'importe si c'est le Xième plan pour les banlieues, qu'importe si le dernier plan en date sur le sujet, le plan Borloo de cohésion sociale, commence tout juste à être mis en oeuvre. L'efficacité, ce n'est pas cela qui compte. Ce qu'il faut, c'est vendre médiatiquement son image personnelle, faire croire qu'on fait quelque chose, et pour cela Fadela Amara a mis la dose, avec son "plan anti glandouille".

Cela m'étonne qu'il faille encore mener des concertations, établir des constats, mettre en route des "plans". La banlieue, on a fini par connaitre, depuis le temps qu'on l'étudie. On sait exactement ce qu'il faut faire. Le tout est d'avoir la volonté politique de mettre en oeuvre ces solutions, et surtout, d'y mettre l'argent nécessaire. Parce que la clé du succès, c'est par de faire un plan tous les 18 mois, mais d'injecter massivement l'argent pour que les plans réussissent, d'attendre qu'ils prennent leur plein effet et de les évaluer. Comme d'habitude, rien de tout cela n'a été fait. Un bon ministre est d'abord celui qui trouve l'argent, qui décroche les budgets, qui les défend contre les rapaces de Bercy, toujours là pour rogner et tailler dans les crédits. Pour cela, il faut un poids politique, un accès direct au président. Fadela Amara, de par son statut de "ministre d'ouverture", a les moyens d'avoir ses crédits et de les préserver. J'attend d'elle qu'elle assure le financement du plan Borloo (plan de cohésion sociale), plutôt que de se lancer dans de grandes annonces et la confection d'un plan que ses successeurs s'empresseront de mettre au tiroir pour y substituer le leur.