Après la taxe sur les appareils high-tech, voici la taxe sur les nuits d'hotels. Un peu ça va, mais il y a un moment où il faut arrêter de taxer à tort et à travers, sans plan d'ensemble. Autant je pouvais comprendre la logique de la première taxe en faveur du service public de l'audiovisuel, autant l'arrivée de cette nouvelle taxe casse la boutique, en montrant qu'il n'y a en fait aucune logique d'ensemble, et que la Culture est surtout utilisée comme un prétexte pour faire entrer de l'argent dans les caisses de l'Etat.

Cela montre une certaine cacophonie gouvernementale. Bien entendu, cela va être mis sur le dos de Sarkozy. C'est vrai qu'il se donne tellement des airs de président omnipotent que toutes les bourdes sont mises à son compte. Là, il s'agit surtout d'un cacophonie gouvernementale, ce qui n'en est pas moins inquiétant. Au niveau de Matignon et de Bercy, un mouvement de rationnalisation des politiques publiques et des prélèvements obligatoires a été lancé. Le principe est simple : tout remettre à plat et faire un bilan de ce qui fonctionne ou pas. Même chose pour les prélèvements obligatoires, on remet tout à plat pour avoir une vue d'ensemble et remettre de la cohérence dans le système, en veillant à ce que les taxes et impôts ne soient pas économiquement contreproductifs. Il n'y a rien de pire qu'une taxe qui gêne l'activité économique, tout en étant peu productive ou difficile à recouvrer. Certes, il faut prendre l'argent où il est, mais de manière intelligente et selon un plan d'ensemble lisible et cohérent.

Et que fait Madame Albanel (et son administration qui lui a sans doute soufflé cette idée), elle passe complètement par dessus tout cela pour demander une taxe sur les nuits d'hôtel de luxe, pour financer la restauration du patrimoine. Cela sent à fond l'idée concotée dans les bureaux du ministères de la Culture, tous seuls dans leur petit coin. Premièrement, quel est le lien entre l'assiette de la taxe et ce qu'elle est censée financer? Je n'en vois aucun, contrairement à ce que peut dire Madame Albanel. Les clients des hôtels de luxe viennent pour affaires, shopping, pas pour visiter la tour effeil ou la basilique de Saint-Denis. Deuxièmement, on connait le vieux principe de non affectation des taxes et impôts. Tout entre dans le pot commun et peut servir à toutes les dépenses. Annoncer la création d'un impôt affecté sert surtout à faire passer la pilule de la création de l'impôt. Cela peut passer une fois, mais la répétition faire perdre toute crédibilité au procédé !

Tout cela me fait finalement douter de la pertinence de créer une taxe sur les produits high-tech (préfiguration d'une taxe sur les abonnements internet) pour financer l'audiovisuel. Pas douée la Albanel...

Edit du 22 janvier : C'est bien un cafouillage, qui a suscité une réplique immédiate du taxé ! C'est beau la solidarité gouvernementale.