Eriger une statue géante de Lénine au coeur de Montpellier. Voilà la nouvelle lubie de Georges Frêche. Au moins, avec lui, on ne risque pas de s'ennuyer. Remarquez, si c'est pour la mettre devant le conseil régional, dans le quartier Antigone, cela ne sera pas très gênant, vu qu'architecturalement, ce lieu est déjà très soviétique. Quand je l'ai visité, il y a quelques années, cela m'a fait penser au palais de Caucesascu à Bucarest.

Malgré tout, plus ça va, et plus je trouve que Georges Frêche est un personnage politique fascinant. Par ces excès, il est franchement atypique. Quel politique oserait balancer autant d'insultes et de grossièretés ? Pas beaucoup, bien que certains n'en pensent pas moins et le disent parfois en privé (ou du moins quand ils se croient en privé). Georges Frêche bouscule régulièrement les règles de la décence et de la politesse, se rend odieux vis-à-vis de son entourage et pourtant, il est élu et réélu (même s'il a aussi connu des défaites). Quand on fait abstraction du personnage et qu'on se penche uniquement sur le bilan, c'est plutôt pas mal. Il a quand même boosté Montpellier, ses idées pour la région Languedoc-Roussillon (y compris de la renommer Septimanie) ne sont pas dénuées de sens, bien au contraire. Il serait même visionnaire et créatif sur bien des points.

Sans sa grossièreté et sa mégalomanie, Georges Frêche aurait pû être un homme politique de premier plan au niveau national, car quoiqu'on en dise, il est charismatique, intelligent, habile tacticien et bon gestionnaire.