Le Medef demande qu'à coté du licenciement et de la démission, il puisse exister une troisième voie pour rompre le contrat de travail. Ce serait une sorte de divorce par consentement mutuel. Cette idée est intéressante, et comme toujours, elle peut être vue sous plusieurs angles.

La plus répandue est la "militante de gauche". Le contrat de travail est une relation inégale, le patron (forcement mauvais) va en profiter pour licencier sans les garanties de la procédure de licenciement. Je préciserais juste qu'il existe des secteurs économiques où effectivement, le salarié n'est pas en position de force. Par contre, dans d'autres, c'est le patron qui est bien ennuyé si ses salariés le quittent, parce qu'il ne trouve pas la main d'oeuvre qualifiée dont il a besoin. Contrairement aux fantasmes de certains militants, un entrepreneur n'embauche pas juste pour le plaisir pouvoir licencier après. Il recrute parce que son activité professionnelle le requiert, soit pour grandir, soit pour remplacer les départs, et en plus, licencier lui coûte de l'argent, génère de la paperasse, bref, tout ce qu'il aime. Un patron n'aime pas le turn-over trop important, et quand il prend quelqu'un en CDI, c'est pour qu'il reste un certain temps et qu'il ne parte pas juste après avoir été formé. C'est encore plus vrai dans les PME. Toutefois, il n'y a pas que du faux dans cette crainte, et il est évident qu'il faut des garde-fous pour éviter les abus (dans un sens comme dans un autre). Mais comme pour l'instant, on en est au stade de l'idée générale, sans que les modalités précises soient arrêtées, attendons d'avoir mal pour se mettre à hurler.

J'aimerais aborder la question sous un autre angle, celle du salarié qui veut quitter son entreprise, pour des raisons qui lui sont propres, mais qui ne veut pas démissioner, parce que tout simplement, il ne pourrait pas bénéficier des Assedic derrière. Que fait-il ? Il cherche à se faire licencier. Parfois l'employeur accepte le principe du départ, mais souvent refuse de licencier car c'est à lui que cela coûte (et d'autant plus cher que le salarié est âgé et haut placé). Cela me semble une bonne idée que l'on propose une solution intermédiaire dans ces situations, où la séparation se fait d'un commun accord. Cela éviterait le pourrissement de situations, où chacun cherche à pousser l'autre à la faute, et où on arrive vite à des situations de placardisation et de harcelement (en sachant parfois que la victime peut ne pas être le salarié). Certes, c'est interdit et réprimé par la loi, mais il faut le prouver, avoir envie d'aller devant les tribunaux, bref faire durer une histoire alors que la victime n'a qu'une envie, c'est de tourner la page.

Cette proposition cherche répondre à une situation que l'on rencontre assez souvent et qui mérite qu'on y apporte une solution.