Les ministres se transformeraient en restaurateurs pour parlementaires. C'est ce que découvre le Figaro. Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas nouveau non plus. Si on observe actuellement un petit pic (et encore), c'est parce que les projets sortent des cartons et que le début d'une législature est souvent le moment d'activité et de réformes.

Au cours de ces déjeuners et diners, les ministres échangent avec les parlementaires, pour placer leur marchandise présenter leurs projets et écouter les retours. S'ils sont trop négatifs ou qu'un mamouth parlementaire (un ancien ministre encore influent ou un président de commission) coince, il y a toujours possibilité de lacher un peu de lest, à la marge, histoire de faire plaisir et de préserver l'ego du parlementaire. Mais croire que d'un seul coup, les ministres se mettent à associer les parlementaires aux décisions, c'est se bercer d'une douce illusion, comme chez Darcos, où on se garagarise : "Pour la première fois, nous avons présenté le budget de l'Éducation nationale aux rapporteurs avant qu'il ne soit présenté en séance". Désolé, mais cela devrait être la norme ! Que les rapporteurs découvrent le budget alors que les arbitrages sont déjà tranchés et qu'il n'y a plus rien à bouger ou presque, c'est se foutre de leur gueule. Quant à la fameuse invitation à déjeuner pour les assistants parlementaires, c'était pour dire d'y aller mollo sur les interventions et les questions écrites, en faisant passer le message avec champagne et petits fours.

La palme revient à Roger Karoutchi : "Mais le président de la République a affirmé qu'il voulait revaloriser le rôle du Parlement : ces rendez-vous sont une des façons de le faire". Comme jeter un patte de poulet à son chien sous la table. Ca le change des croquettes.