La curée se poursuit contre Ségolène Royal, lynchée de toute part par ses "amis" politiques, qui lui trouvent plein de défauts (bien réels) mais qui se sont bien gardés de dénoncer avant l'échéance présidentielle. C'est encore plus amusant quand c'est Lionel Jospin qui se livre à l'exercice. Alors qu'il n'a jamais admis (ou alors du bout des lèvres) ses erreurs et ses failles, il se permet de passer sa remplaçante à la moulinette, c'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.

Toute ce déballage est peut-être nécessaire, comme une catharsis. Cela ne règlera pourtant pas le problème du PS. Toutes ces choses que dit Lionel Jospin, même si elles sont un peu méchantes, sont vraies : Ségolène Royal n'est qu'un second couteau de la politique, qui a réussi un hold-up en raflant l'investiture socialiste. Je n'ai pas lu le livre de Lionel Jospin, puisqu'il n'est pas encore sorti, mais je doute qu'on y trouve des propositions pour qu'une telle situation ne puisse plus se reproduire. C'est pourtant cette question qui est centrale, celle du leadership (le projet viendra après) et de la capacité d'un parti qui se veut de gouvernement à le rester. Car en 2012, le PS aura derrière lui 10 ans dans l'opposition, sans participation aux affaires et une nouvelle défaite serait alors dramatique, car qui mettre au gouvernement en cas de victoire en 2017 ? Laurent Fabius, 71 ans, Dominique Strauss-Kahn 68 ans, François Hollande 63 ans (et aucune expérience ministérielle). On se retrouvera avec des quadras et des quinquas qui n'auront jamais exercé de responsabilités nationales et qui pour certains, jouent volontiers les boute-feux. On l'a bien vu en 1981, ce cocktail composé de l'inexpérience de certains et l'irréalisme des autres peut faire de gros dégâts.

Le PS nous promet la rénovation, mais bien souvent, c'est quand on en parle le plus qu'on en fait le moins. Après la pagaille mise par Sarkozy et ses débauchages, avec les vélléités de Ségolène Royal pour prendre le contrôle du PS (je ne vois pas comment elle va faire, ni avec qui) et les tentatives de François Hollande pour se maintenir jusqu'en 2008, je ne vois rien se dessiner. Et c'est grave, parce qu'une démocratie a besoin d'une opposition forte et responsable, qui soit une alternative crédible. Je ne voyais pas les socialistes en état d'exercer le pouvoir avant l'élection présidentielle. Je les y vois encore moins maintenant.