Christine Albanel s'indigne, à juste titre, de l'éditorial d'une plaquette de présentation du programme d'un théâtre. Dans ce texte, l'auteur s'en prend directement à Nicolas Sarkozy : "Le problème, évidemment, c'est l'élection de Sarkozy. Je sais que cet événement peut avoir des conséquences profondes, et probablement désastreuses, sur le cours de nos existences. Nous devrons sans doute modifier nos pratiques, nos manières de faire du théâtre."

Une fois de plus, c'est la thématique tant répandue à gauche avant le 6 mai de "Sarkozy président, c'est la fin du monde". Depuis, les principaux leaders socialistes ont fait machine arrière et 100 jours après, on attend encore l'apocalypse. On aurait pu penser en avoir fini avec cette imbécilité, et bien non, il y en a encore pour agiter l'épouvantail. Si cela peut leur faire plaisir, pourquoi pas, mais qu'ils le fassent dans des lieux idoines, et pas avec de l'argent public. Ce sont ces deux aspects qui sont choquants dans le texte visé. Une plaquette de présentation de la programmation d'un théâtre n'a pas à se transformer en tribune politique, et encore moins quand le théâtre en question vit de subventions publiques et bénéficie du label "scène nationale". Le summum est atteint quand le directeur du théâtre prend fait et cause en faveur du texte incriminé et que son auteur est soutenu par son syndicat.

Si tous ces cultureux ne sont pas satisfaits de l'élection de Nicolas Sarkozy, qu'ils en craignent les conséquences sur leur création artistique, ils sont libres de partir à l'étranger ou d'entrer en résistance en refusant tout argent public et en démissionnant des postes où ils auraient à exécuter les ordres d'un gouvernement nommé par Nicolas Sarkozy. Bien entendu, ils ne le feront pas, parce que cela ne se justifie pas, le gouvernement de Nicolas Sarkozy n'est pas celui du maréchal Pétain, et surtout, dans ce milieu, c'est "que de la gueule", on prend des postures et on se garde bien d'aller jusqu'au bout, comme Yannick Noah, dont j'attends toujours "qu'il se casse". N'est pas Victor Hugo qui veut !