Un "pique nique" militant anti-OGM devait avoir lieu dans le Lot, juste à coté d'une exploitation où l'agriculteur a eu l'audace de planter du maïs transgénique, pour l'alimentation de ses cochons. Pas des essais clandestins, non, juste du maïs autorisé, et même pas pour se retrouver directement dans l'assiette des consommateurs. Il y a eu un petit souci pour les organisateurs, l'agriculteur s'est pendu, avec suffisamment d'éléments qui laissent penser que son suicide est en "lien direct" avec l'organisation de ce pique-nique, qui avait toutes les chances de finir par un saccage de la parcelle plantée de maïs OGM.

Sous des dehors qui se veulent sympathiques, et que les médias reprennent en bloc, sans recul et souvent avec connivence, les militants anti-OGM pratiquent à vaste échelle la pression psychologique, le harcelement, l'atteinte aux biens, autant de délits réprimés par le code pénal. Parfois, les agriculteurs cherchent à se défendre et on se retrouvent avec des affrontements dont on s'empresse de les rendre médiatiquement responsables. S'ils ne font rien, ils assistent à la destruction de leurs culture, parce qu'il faut appeler un chat un chat. Un démonatge ou un fauchage, c'est de la destruction volontaire de biens, du saccage. On comprend que dans cette situation une personne fragile puisse craquer, que cette pression a pu être la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. J'espère que cette tragédie permettera à certains de se rendre compte de la portée de leurs actes et de la véritable nature des activités auxquelles ils participent. Au moins, cet agriculteur ne sera pas mort pour rien.

Pour ma part, ce n'est pas ainsi que je conçois le débat politique et l'action militante. Je peux être en désaccord avec certaines pratiques, si elles sont légales, je n'ai pas le droit d'intervenir directement dans les affaires d'autrui pour lui imposer ma volonté, mes idées et mes pratiques. Je préfère prendre la voie légale et militer pour que les activités que je réprouve ou que je considère comme dangereuses soit interdites par la loi.