François d'Aubert, ancien ministre, battu aux législatives en juin 2007 vient d'être nommé Président de la Cité des Sciences et de l'Industrie. Beaucoup d'éléments font penser à un recasage, comme Chirac savait si bien le faire. On assure ainsi, au frais de l'Etat, le maintien du train de vie et une fonction pour exister socialement à un fidèle qui sinon, se retrouverait les mains vides.

François d'Aubert est un pur produit de la haute administration politique française. Enarque, il fait un petit séjour à la cour des comptes (il reste au rang d'auditeur) avant de rejoindre les cabinets ministériels sous Giscard et de se faire élire député de la Mayenne en 1978. A priori un siège sûr. Il conforte son implantation locale en devenant maire de Laval en 1995 puis président de la communauté de communes à sa création. Il poursuit en parallèle une belle carrière parisienne, avec un séjour au gouvernement de 1995 à 1997 sous Juppé puis en 2004-2005 dans le gouvernement Raffarin 3. Un profil type ! En 2007, il se présente à nouveau aux législatives et comme certains barons depuis trop longtemps installés sur leur fauteuil, il se laisse surprendre par un opposant qui a labouré un terrain laissé un peu en friche.

En soi, la nomination de François d'Aubert à ce poste n'apparait pas scandaleuse. Deux fois ministre de la Recherche (entre 1995 et 1997 puis de 2004 à 2005), il a une compétence dans ce domaine, ainsi qu'un carnet d'adresses conséquent. Sa position d'ancien ministre, proche des décideurs politiques peut être un atout pour la cité des sciences. Mais d'autres que lui n'auraient-ils pas été tout aussi compétents pour ce poste ? Sans doute. D'autres n'auraient-ils pas été plus disponibles pour cette présidence ? Sans doute beaucoup, car François d'Aubert reste maire de Laval et président de la communauté de communes ce qui peut occuper un plein temps. A 64 ans, la carrière de François d'Aubert est sur la pente descendante, on peut donc s'interroger sur son investissement et son implication dans un poste qui est quand même nettement en dessous de ce qu'il a pu avoir par le passé. Je me fait d'ailleurs la même remarque concernant la nomination de Jean-Jacques Aillagon comme président de l'établissement public du château de Versailles. Il y a comme un parfum de sinécures qui cadre assez mal avec l'idée que je me fait d'une "démocratie irréprochable".