Le Figaro vient de sortir un article sur la garde rapprochée de Jean-François Copé, le nouveau président du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Le canard enchaîné avait déjà parlé d'eux, en les qualifiant de "katangais" (très dans l'esprit du canard). L'article du Figaro est gentillet, et présente la surface, l'organigramme officiel, les quelques têtes d'affiche. Le contenu est toutefois parfaitement exact, et avait déjà été présenté à l'ensemble des collaborateurs de députés lors d'une réunion la semaine dernière. Nouvelle législature, nouveau groupe, nouvelles ambitions.

Les débuts ont été un peu difficiles. Bernard Accoyer, ancien président du groupe UMP, est passé à l'hôtel de Lassay, en emmenant ses proches collaborateurs (cinq ou six personnes quand même). D'autres avaient décidé de longue date de profiter du mercato du début de législature pour aller poursuivre leur carrière ailleurs. Cela a finit par faire beaucoup de trous dans l'effectif. Ceux qui sont restés ont été un peu secoués, Copé n'est pas Accoyer, ce n'est pas le même degré d'exigence, ni surtout la même convivialité. Avec Copé, on est plutôt dans le "marche ou crève" et il n'est pas du genre à s’embarrasser longtemps des canards boiteux et à laisser subsister les contre-pouvoirs et les baronnies. Un certain nombre de personnes se sont ainsi retrouvées au placard ou flanqué d'un "adjoint" ce qui revient à peu près au même, le tout avec une certaine brutalité. Mais ça, c'était prévisible et cela n'est pas plus mal sur le fond. Le groupe UMP était quelque peu sclérosé et fonctionnait trop en "clans", en clivages, avec de vieilles haines et d'anciennes connivences. Un coup de balai n'était pas inutile, mais Copé aurait pu y mettre un peu plus les formes.

Chaque président qui arrive à un poste veut imprimer sa marque, lancer des réformes. C'est logique et le groupe UMP n'y échappe pas. Jean-François Copé, après s'être imposé face à Christian Estrosi, arrive avec ses équipes, qui le suivent depuis cinq ans. Le petit groupe des "copé boy's" est très soudé, ont l'habitude de travailler ensemble et sous les ordres d'un patron exigeant. Bref, une équipe qui a fait ses preuves, donc un gage d'efficacité. Ces jeunes gens sont d'un abord sympathique, mais il ne faut pas se leurrer, ils sont à l'image de leur patron, des tueurs. Il les a d'ailleurs sélectionné pour cela, être des collaborateurs efficaces, loyaux, et sans le moindre état d'âme. Gare à celui qui se met en travers de leur chemin, la mansuétude n'est pas leur qualité première. Et ce n'est pas ce qu'on leur demande ! Mon premier a priori est plutôt bon. On sent que cette équipe a envie d'avancer, de bouger. Pour l'instant, ils sont en phase de rodage, tous les postes ne sont pas pourvus, certains recrutés repartent rapidement, faute de pouvoir tenir le rythme. Pendant ce temps là, il faut faire face à l'urgence, c'est à dire les textes (lourds) qui sont examen en ce moment. Il faut aussi gérer les députés qui n'attendent pas forcement que tout soit en place pour venir réclamer. Le baptême du feu a d'ailleurs eu lieu avec l'attribution des bureaux, où les Copé boy's ont eu besoin de tout leur entrainement et leur solidité pour tenir le choc.

Des commissions se mettent en place, le programme est alléchant, l'opération séduction bat son plein (on est à votre service, surtout n'hésitez pas à venir nous voir...). Jean-François Copé veut être sur tous les fronts, celui de la réforme des institutions, sur le renforcement des pouvoirs de l'Assemblée nationale (notamment en ce qui concerne le contrôle et l'évaluation). Pleins d'idées et de projets sont lancés. Le groupe veut proposer des services larges aux députés : argumentaires et analyses sur les textes de loi, formation, aide à la communication, soutien psychologique. Les maître-mots sont "sur mesure" et "personnalisé". Je suis un rien dubitatif, car cela ressemble un peu aux bonnes résolutions du premier de l'an. J'attends quelques mois, pour voir ce qui va effectivement se mettre en place (et ce qui va finalement tomber à l'eau), pour jauger les méthodes de management et bien évidemment, les résultats.