Après le retour de la messe en latin, épiphénomène interne aux cathos, le Vatican vient de sortir un autre document de la même veine conservatrice et réactionnaire. Le cardinal Levada, grand inquisiteur Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi réaffirme la position de son prédécesseur, le cardinal Ratzinger, sur la prééminence de l'église catholique, seule détentrice de la plénitude de la vérité.

Et après, certains s'étonnent que je mitraille le Vatican. Et ben c'est pas près de s'arrêter ! C'est pas que je soit touché que les protestants soient qualifiés de "communautés ecclésiales". Le terme me convient parfaitement et je laisse la propriété de "Eglise" à qui veut bien la prendre. Cela n'ouvre aucun privilège ni aucun droit. J'ai noté la gentille condescendance, où le Vatican est conscient de la "blessure". Vous voulez vous prendre pour des parfaits, avec des plumes dans le cul, c'est votre affaire, nous ne nous situons pas sur le même terrain. Ce qui compte pour les protestants, c'est la manière dont est vécu le message du christ, dans la vie de tous les jours. Qu'est ce qu'on en a à foutre de descendre en ligne directe des apôtres ! Ce n'est pas cela qui rend meilleur, plus proche de Dieu et du message du Christ. Je me demande d'ailleurs ce qu'il penserait de tout cela s'il revenait aujourd'hui sur terre...

Je suis surtout affligé du conservatisme de la hiérarchie catholique, qui retombe dans le travers habituel des institutions de pouvoir, à savoir faire passer en premier l'intérêt de l'institution et ensuite seulement le message qu'elle est censée porter et pour lequel elle a été créée. Les bases de ses prétentions sont en décalage complet avec les évolutions les plus récentes de l'exégèse biblique. En effet, l'argument pontifical est que le pape est le seul à pouvoir se rattacher au Christ "et c'est en elle seule que demeurent à jamais tous les éléments institués par le Christ lui-même". Les évangiles ont été écrits entre 40 et 80 ans après la mort du Christ, sur la base de témoignages directs ou indirects, mais aussi de réécritures en fonction d'intérêts et d'enjeux divers et variés. Croire que les Evangiles sont une transcription mot à mot de paroles de Jésus est une erreur grossière. Jésus n'a rien "institué", son but étant de rénover le judaïsme. Il ne pensait sans doute pas qu'il fondait une nouvelle religion. Dans ces conditions, je ne vois pas comment on peut tirer des Evangiles un quelconque mandat, au sens juridique du terme, une quelconque autorité temporelle, ou une prééminence spirituelle. Le Vatican, le pape, l'église catholique, c'est de la pure construction humaine, une communauté ecclésiale parmi d'autres.

Dans des conditions pareilles, je vois mal l'intérêt qu'il peut y avoir à rechercher l’œcuménisme et l'unité des chrétiens.