Le gouvernement Fillon 2 est connu. Mis à part le départ d'Alain Juppé et son remplacement par Jean-Louis "à-qui-profite-le-crime" Borloo, la liste des ministres ne connait que peu de changements. Christine Lagarde passe à l'économie et Barnier arrive à l'agriculture. Rien de bien excitant.

Du coté des nouveaux secrétaires d'Etat, c'est bien plus amusant. On sent le coup préparé de longue date, les choix paufinés, calibrés au millimètre pour en faire une deuxième opération de communication, après celle de la composition du premier gouvernement Fillon. Plusieurs couches se superposent.

Il y a d'abord les récompenses pour trahison services rendus. André Santini va à la fonction publique. Pas mauvais choix techniquement, de mettre un vieux roublard face aux syndicats de la fonction publique. Il a le cuir épais ce bon Santini et sous ses dehors bonhommes, c'est un coriace. Autre récompensé au mérite, Alain Marleix, député du Cantal, le "monsieur investitures" de l'UMP, qui tient là son baton de maréchal. Secrétaire d'Etat, à quoi, ce n'est pas essentiel, mais secrétaire d'Etat. Laurent Wauquiez est dans la même catégorie, avec ce magnifique hochet qu'est le porte-parolat "sec". Cela évite une crise de larmes du benjamin du gouvernement, qui ayant terminé premier partout dans ses études, estime qu'un secrétariat d'Etat lui revenait de droit. Enfin Christian Estrosi, qui lui aussi a bien servi son maître comme porte-flingue et qu'il fallait tirer d'un mauvais pas. Il risquait fortement de se faire éclater la gueule par Jean-François Copé pour la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale. Une sortie honorable lui est ainsi offerte avec l'Outre-Mer.

Contrairement à la première catégorie, d'autres sont placés à des postes où ils ont une réelle compétence. C'est le cas de Nathalie Kosciusko-Morizet à l'Ecologie, d'Hervé Novelli aux entreprises et au commerce extérieur et de Luc Chatel à la consommation (il est moins légitime pour le Tourisme). Ceux là ont une vraie légitimité si on se réfère à la volonté de Nicolas Sarkozy de ne prendre des ministres que sur la base de la compétence.

Troisième catégorie, les gadgets, la communication à l'état purà qui ont confie des coquilles vides. Il y a d'abord les secrétaires d'Etat d'ouverture, que l'on débauche au nouveau centre pour les arrimer à la majorité (Valérie Létard), des socialistes comme Jean-Marie Bockel (les députés alsaciens, tous de droite sauf un font une gueule de plusieurs kilomètres de long) pour continuer à foutre la merde au PS. Il y a ensuite les "cautions colorées", deux femmes d'origine immigrées. Je découvre le nom de Fadela Amara Fadela Amara, présidente de "ni putes ni soumises" que l'on peut aussi ranger dans la catégorie des ralliés venus de gauche, nommée à la politique de la ville et j'ai déjà vu la charmante Rama Yade à la télévision. Sans remettre en cause leur compétence, je ne vois pas ce qu'elles pourront faire concrètement à part de la communication et le rôle de "quotas de noirs". C'est dommage de gâcher ainsi le geste très significatif qu'a été la nomination de Rachida Dati au ministère de la Justice.

Et enfin, le meilleur pour la fin, Bernard Laporte au secrétariat d'Etat aux Sports. On tombe là dans le ridicule achevé, car sa nomination ne prendra effet qu'à l'automne. Si ce n'est pas de la com', je ne m'y connais plus. J'ai envie de signaler à Nicolas Sarkozy que la campagne est terminée et que le gouvernement de la France, c'est du sérieux ! Un bon professionnel du sport ne fait pas nécessairement un bon ministre. Le pauvre Bernard ne semble pas s'être rendu compte dans quelle galère il s'est engagé et la sauvagerie de ce milieu, qui n'a pas franchement l'esprit "rugby". Et en plus, on le met en adjoint de Roselyne Bachelot. C'est un concours à qui sortira le plus de conneries à la minute ? En tout cas, c'est un tandem qui va réjouir les guignols et leurs spectateurs.