Malek Boutih s'en prend à François Hollande, le rendant responsable, avec la faible mobilisation des électeurs, de sa lourde défaite aux législativers en Charente. Il a en effet été éliminé dès le premier tour, distancé de 2000 voix par une socialiste locale soutenue par le député sortant. Boutih fait preuve d'une naïveté, ou plus surement d'une mauvaise foi quand il déclare : "François Hollande était venu me chercher quand j'étais président de SOS-Racisme, il m'avais donné sa parole qu'il renouvellerait le PS, qu'il m'aiderait à être élu, et il m'a envoyé au casse-pipe".

Il y a une règle en politique que Malek Boutih semble ignorer. On a ce que l'on se donne, et attendre d'un autre qu'il vous amène votre élection sur un plateau, c'est s'exposer à de lourdes désillusions. On en connait des "dauphins" qui se cassent la figure dès que leur parrain n'est plus là et qu'ils doivent se faire élire sur leur propre bilan, voire qui ne passent pas le cap de la première élection. A qui va-t-il faire croire qu'il a fallu le supplier, quand il était président de SOS-Racisme, pour franchir le pas et s'investir au PS. Tout le monde sait bien que SOS-Racisme et l'UNEF sont les classes prépa des futurs élus socialistes. Il n'y a pas eu à aller chercher Boutih, il est venu comme un grand, peut-être s'est il trompé d'écurie, mais ça, le choix d'un courant au PS, cela tient parfois de la loterie. Boutih a misé sur Hollande et le bourricot n'est pas arrivé en tête. C'est facile une fois que Hollande est en route vers la sortie de lui taper dessus.

Dans cette affaire, Malek Boutih ne peut s'en prendre qu'à lui-même. Il a été imposé de force dans une circonscription de gauche depuis déjà plusieurs mois. Il a eu le temps de la travailler, de s'y faire des réseaux et les conditions politiques nationales ont été les mêmes pour tout le monde. C'est sûr que la position de parachuté parisien en province n'est jamais une situation confortable, surtout lorsque l'on n'est pas le bienvenu et qu'il y a déjà des gens sur place. S'il n'a pas bien réussi ce travail de terrain, c'est de sa faute, pas celle de Hollande et si Boutih n'est pas content de la circonscription qu'on lui a donné, il n'avait qu'à se choisir un terrain d'élection lui-même et s'y imposer par ses propres moyens. Il y a en plein qui réussissent comme cela, mais cela prend du temps et demande beaucoup de travail...