Les quotidiens gratuits prétendent être les égaux de la presse payante et leurs rédacteurs se disent "journalistes". Je veux bien le croire, car ils tombent dans les mêmes travers que leurs collègues de la presse payante.

Dans le numéro de "Metro" de ce matin, en page 3, un petit article parle de Camille de Froment, jeune candidate Modem dans la 1ère circonscription de la Creuse. La tonalité générale de l'article est celui de la gentille bergère, fraiche et pimpante, qui se lance dans la politique avec toute l'ingénuité des novices. Elle serait arrivée au Modem par le biais des petites annonces. Elle envoie son CV et hop, elle est retenue. Notre charmante jeune fille, journaliste de profession court alors chercher de la colle au supermarché et semble imporviser une campagne artisanale. Bref, on est dans le cliché "votre candidate fraicheur" sur le mode conte de fées. Bien entendu, sa famille l'aide et la soutient, le frère fait la photo, maman assure l'intendance.

Pourtant, dans cette petite présentation, Alexis Picard, le "journaliste" qui signe l'article oublie un petit détail qui peut avoir son importance. Il mentionne bien le frère, la mère, mais quid du père ? Est-ce qu'il aide fifille ? Parce que le papa, Bernard de Froment, peut être utile. Enarque, il vient de quitter le conseil d'Etat pour passer avocat. Et surtout, il a été élu député RPR de la Creuse en 1993 (battu en 1997 et 2002) justement dans la 1ère circonscription, celle où notre charmante et fraiche Camille se présente. Accessoirement, Bernard de Froment a été président du Conseil général de la Creuse de 1994 à 1998 et est toujours maire de Saint-Fiel, une des nombreuses communes de la circonscription.