La critique militante est toujours aussi aveugle et bornée. Olivier (continues, tu es parfait dans le rôle) vient encore d'en donner une preuve concernant le conseil général des Hauts de Seine et le fait que Nicolas Sarkozy soit toujours conseiller général. Il se scandalise de cela et se lance dans les grands cris sur le scandale d'un tel cumul (et que je garde le poste et les indemnités).

Une petite explication technique. Quand un conseil, qu'il soit municipal, général ou régional doit élire son président, il doit être au complet. Si ce n'est pas le cas, on organise une élection partielle pour pourvoir le ou les postes vacants. Si Nicolas Sarkozy avait démissionné de son poste de conseiller général avant l'élection de son successeur, il aurait fallu d'abord pourvoir à son remplacement. Les législatives ayant lieu en juin, il aurait été difficile d'organiser un scrutin partiel, vu les délais. En effet, c'est le préfet qui fixe les dates d'élections partielles, après accord du ministre de l'Intérieur. Vu que le gouvernement a démissionné la veille de l'entrée en fonction de Nicolas Sarkozy, il n'est pas certain que MAM ait pu traiter cette question rapidement. Elle avait bien autre chose à faire. Ensuite, il faut quinze jours francs entre la convocation des électeurs et le jour du scrutin, ce qui est bien court (même si une cantonale partielle à Neuilly n'offre aucun suspens quant au résultat). Les opposants n'auraient pas manqué de crier au scandale, à l'élection en catimini avec une durée de campagne aussi courte et complètement occultée par les législatives. Vient ensuite la période estivale pendant laquelle il n'est pas envisageable d'organiser le moindre scrutin.

Tout cela nous aurait amené à une élection partielle à la mi septembre et une élection du président à la fin septembre. Pendant tout ce temps là, le poste aurait été vacant, avec un vice-président assurant l'intérim et surtout, des prétendants se livrant une guerre fratricide. En restant conseiller général le temps d'élire un nouveau président, Nicolas Sarkozy a fait acte de bonne gestion, assurant une transition rapide qui permet au Conseil général des Hauts-de-Seine de continuer à fonctionner correctement. Patrick Devedjian ayant été élu président, Nicolas Sarkozy devrait démissionner sans tarder. En 1995, Jacques Chirac avait ainsi démissionné de son poste de maire de Paris le 16 mai, mais était resté conseiller de Paris jusqu'à la fin du mandat, en juin, pour permettre l'élection rapide de Jean Tibéri, installé maire de Paris dès le 22 mai 1995.

Comme quoi, avec beaucoup de mauvaise foi, on arrive à faire trois baignoires de mousse avec un gramme de savon.